Règles typographiques : d’Accolade à Allemand


Accolade

Un usage possible de l’accolade

À Typographie, le 2 décembre 1997.
J. ANDRÉ : A-t-on jamais utilisé en français les accolades anglo-américaines qu’on a aujourd’hui sur nos claviers comme parenthèses […] ? (Les accolades servaient à… accoler plusieurs lignes, par exemple d’une liste.)
Dans un travail en cours (depuis quatre ans…), comme je ne veux pas me priver des parenthèses (au sein du texte courant), je me sers des accolades pour signaler {des exemples critiquables mais admissibles} et j’emploie les crochets pour [les exemples fautifs et inadmissibles]. Il va sans dire que cet emploi particulier * (et peu recommandable hors des textes didactiques ou spécialisés…) est expliqué dans la table des abréviations.
* J’ignore s’il est inédit.



Accord, conférence, traité Alliance, Convention, Pacte.

« On dissimule quelquefois dans un traité, de part et
d’autre, beaucoup d’équivoques qui prouvent que
chacun des contractants s’est proposé formellement de
le violer dès qu’il en aurait le pouvoir. »
Luc de V
AUVENARGUES, Réflexions et Maximes.

En principe, les accords se différencient des traités, car ils ne sont pas soumis à ratification : les accords d’Évian, les accords franco- tunisiens du 20 mars 1956, les accords du Latran, les accords de Munich, les accords de Paris (1954).
Guéry 1996.
Attention aux « accords » qui ne sont pas des conventions mais des organismes ! La règle n’est pas la même : l’Accord monétaire européen (A.M.E.).
Jadis, les diplomates connaissaient les subtilités de la langue : un accord était, en principe, une convention entre adversaires (ennemis ou simples concurrents) ayant fini par tomber d’accord pour mettre fin à un litige, à un désaccord. Il n’y a pas d’[accords de Yalta] mais une conférence de Yalta. Aujourd’hui, on signe des accords de coopération entre amis.

Conférence : la conférence de Genève.


Achevé d’imprimer Colophon, Dépôt légal.

¶ L’achevé d’imprimer mentionne le nom de l’imprimeur et la date à laquelle l’ouvrage est sorti des presses. On peut l’associer à la mention du dépôt légal :

Achevé d’imprimer le 2 mai 1992
sur les presses de l’imprimerie Kahn
à Castres (81)
Dépôt légal : mai 1992


Acronyme Abréviation, Sigle, Troncation.

1. Vocabulaire

Cet anglicisme, que nous avons fort bien fait d’accueillir et d’acclimater, peut désigner des catégories de mots jusqu’alors anonymes ; à condition de le débarrasser de son acception d’origine : en anglais, acronym signifie « sigle ». Aucun intérêt. Il faut ajouter quelque chose.
La plupart des usuels (Académie 1994, Doppagne 1991, Hachette 1995, Larousse 1999, Robert 1985) définissent acronyme ainsi : « Sigle prononcé comme un mot ordinaire. » C’est indiscutable. L’ennui c’est que les mêmes sources donnent une définition traditionnelle et restrictive de « sigle » : mot formé des initiales de plusieurs mots. N’étant pas des sigles ainsi définis, Benelux et radar ne peuvent pas être des acronymes. Dommage, car ces deux mots comptent parmi les exemples d’acronymes les plus fréquemment cités.
Robert 1993, qui ne modifie pas la définition de « Sigle », est plus complet à « Acronyme ». À la précédente acception, il ajoute : « Mot formé de syllabes de mots différents ». Radar devient un acronyme, mais Benelux n’en est toujours pas un, car Be n’est ni l’initiale ni une syllabe de « Belgique ». En outre, cette seconde partie de la définition s’applique à quantité de mots-valises qui n’ont nul besoin d’être admis parmi les acronymes.
Pour Lexis 1989, l’acronyme est constitué par les premières lettres de mots composant une expression complexe. Benelux devient enfin un acronyme. On regrette toutefois que la caractéristique essentielle de l’acronyme — la prononciation — soit tue.
Gradus 1980 : [acronyme et sigle sont synonymes].
L’Hoest & Wodon 1990 distingue les sigles [réservés aux institutions et aux pays] et les acronymes [abréviations de systèmes méthodiques, de documents particuliers ou de choses] ; et de fournir comme exemple d’« acronyme » : PDG (sic) pour [Président directeur général] (sic).

Ici, « acronyme » signifie : mot formé des initiales (OTAN, ovni) ou des premières lettres de plusieurs mots (Benelux, radar) — ou d’éléments initiaux de mots composés (sida) —, et devant se prononcer comme un mot ordinaire. OTAN, ovni, sida (sigles), Benelux (sigle pseudosyllabique), radar (hybride) sont des acronymes.
(La plupart des mots-valises — motel, progiciel, etc. — ne sont pas des acronymes, car ils contiennent des fragments qui dans les mots d’origine ne sont pas initiaux : hôtel, logiciel.)

Tentative de clarification.
Acronyme (initiales) : OTAN.
Acronyme syllabique ou pseudosyllabique : Benelux.
Acronyme hybride (initiales et syllabes) : Afnor, radar.
Sigle pur (épelé) : C.G.T.
Sigle hybride : T.F. 1.

Par définition, une abréviation n’est jamais un acronyme.


2.

Afin de traduire graphiquement la différence de prononciation entre les acronymes et les sigles épelés, les premiers sont privés de point abréviatif : l’UNITA, le M.P.L.A.
Remarque. — Un sigle pouvant, mais ne devant pas, se lire comme un mot ordinaire n’est pas un acronyme : O.U.A. (Organisation de l’unité africaine).
Quelques acronymes sont devenus des noms communs et s’écrivent intégralement en minuscules : afat (auxiliaire féminin de l’armée de terre), laser (light amplification by stimulated emission of radiation), ovni (objet volant non identifié), radar (radio detection and ranging), sida (syndrome d’immunodéficience acquise). Ils obéissent aux règles de leur catégorie d’adoption. Ainsi prennent-ils pour la plupart la marque du pluriel : selon l’A.F.-P., l’OTAN suspend ses vols à cause de sales ovnis qui brouillent les radars.
Les acronymes qui se sont imposés hors des milieux spécialisés sont les plus propices à une lexicalisation rapide et définitive : un ovni. L’origine étrangère est en outre un puissant facteur d’intégration… mieux vaut un nom commun français qu’un « sigle » indéchiffrable : un laser.


I. Sigles et acronymes

À F.L.L.F., Fr.Lettres.Écriture et Fr.Soc.Internet, le 10 juin 1999.
B. F. : … Et doit s’écrire en version acronyme : CD Rom, et non : CD ROM.
CD-ROM, ou CD-Rom, ou C.D.-ROM, ou cédérom, ou disque optique compact, ou DOC, ou disque, ou galette à la con, mais certainement pas les deux étranges choses que, selon vous, nous « devrions » écrire.
De toute façon, ces supports qui exigent un moteur archaïque seront probablement démodés avant que leur nom ne soit fixé… Inutile de se fatiguer à chercher l’unanimité.
À F.L.L.F., du 13 mars au 30 mai 2001.
L. D. ESAT : Je suis à la recherche du nom que l’on donne à des mots (ayant une signification dans le dictionnaire) qui sont composés de l’initiale d’autres mots.
Si le mot est lu au long : acronyme (laser, ovni).
S’il est épelé : sigle (A.D.N., I.V.G.).
Mais attention ! En français, siglaison et « acronymisation » ne jouent pas strictement dans la même catégorie. La première porte avant tout sur le mode de formation. La seconde, sur le mode de lecture. Un acronyme peut être obtenu par siglaison. L’inverse est impensable, absurde.
Les acronymes ne sont pas nécessairement composés des seules initiales de l’expression développée ; ils peuvent être syllabiques (et rejoignent parfois les mots-valises), partiellement syllabiques (radar) ou pseudo-syllabiques (loran)…
Dans le cas où l’acronyme n’est composé que d’initiales (ovni), j’emploie : sigle acronymique…
L. D. ESAT : Est-ce que le terme acronyme peut s’appliquer à des mots qui ont déjà une signification avant la formation de l’acronyme ?
Il peut s’agir d’« auto-acronymes » (si l’on tient absolument à leur coller un nom… ce qui ne me semble pas indispensable), du genre NEAR pour Near Earth Asteroid Rendez-vous, ou gift pour Gametes Intra-Fallopian Transfer, ou écu (ancêtre de l’euro…).
Là, le « sens » de l’acronyme évoque celui de la forme développée et parfois en rappelle un des éléments.
Dans d’autres cas, le lien est inexistant ou construit a posteriori et de manière très artificielle, par exemple dans pal (Phase Alternating Line). Quoi qu’il en soit, autoréférents ou non, ce sont d’indiscutables acronymes…
J’ajoute, mais les exemples l’ont déjà montré, que cette étrange manie n’est pas encore très française… et qu’il faut souhaiter qu’elle ne le devienne jamais, car c’est un très sûr moyen de multiplier les homographes (dans les cas de lexicalisation et d’abandon des majuscules) et surtout, imparablement et plus dramatiquement, de multiplier les homophones…
O. DUPUIS : Pourquoi ne pas suivre la lecture auditive de l’acronyme F.L.L.F. ?
Primo, parfe qu’on ne lit pas avec les oreilles. Fecundo, parfe que F.L.L.F. n’est pas un acronyme.
L. BENTZ : f.l. fait penser à Eiffel.
La preuve… vous le lisez comme un figle ! (Oc, oc, tout fela est un poil fallafieux.)
Jipéhel
O. DUPUIS : Hum, ASSEDIC est prononcé tel quel alors qu’ANPE est prononcé en séparant chaque lettre. Cet exemple me fait penser qu’il n’y a pas de règle générale pour prononcer un sigle.
Assedic n’est pas un sigle, mais un acronyme partiellement syllabique : Ass (sorry) pour Association. A.N.P.E. est un sigle. URSSAF est un sigle et un acronyme.
O. DUPUIS : Acronyme : « Sigle qui peut être prononcé comme un mot ordinaire. » Si je suis cette définition tirée du Larousse […]
Cette définition du Petit Larousse est incomplète et n’est valide qu’en strict lien avec celle qu’il donne pour « sigle ». Or, celle-ci est dramatiquement ambiguë (« lettres initiales » ne signifie pas nécessairement « initiales ») et, courageusement, ne dit rien sur la prononciation. Mieux, lisez-la en attribuant à chacun de ses termes la signification que lui donne ce dictionnaire… et vous conclurez que p. ex. ou etc. sont des sigles…
Le Petit Robert donne heureusement la seconde acception, et (car ?) sa définition de « sigle » est plus précise, plus contraignante, mais l’incohérence est plus visible que chez Larousse : en effet, il est étrange de définir un sigle comme une « suite des initiales de plusieurs mots qui forme un mot unique prononcé avec les noms des lettres » et définir un acronyme (première acception) comme un « sigle prononcé comme un mot ordinaire ».
Le flou tient au chevauchement hasardeux de deux plans : le mode de formation et la prononciation.
O. DUPUIS : J’en conclus que tout acronyme est un sigle.
Non.
O. DUPUIS : Mais existe-t-il un terme pour désigner les sigles qui ne sont pas des acronymes ?
Oui, « sigle » ! (Vous pouvez ajouter « pur »…) C’est les autres — ceux qui ont deux casquettes, les sigles « acronymiques » —, qu’il faut qualifier.


II. Écriture des acronymes

À France-Langue, les 21 et 22 octobre 1997.
A. LABONTÉ : Bref, peu importe ce que je pense, la règle absolue est que l’on ne met pas d’accent sur les lettres d’un acronyme. L’ISO a d’ailleurs corrigé tous les C.É.I. que Bernard Chauvois (inspecteur général de l’Éducation nationale, France, co-rédacteur de l’ISO/C.E.I. 9995-7) et moi avions sciemment mis dans l’ISO/C.E.I. 9995-7 dont il est question plus haut.
L’accent est disparu… Snif !
Non ! Ce que vous pensez importe ! Comme importe ce que pensent les francophones qui écrivent ! L’accent dans les acronymes et les sigles est peut-être mort à l’ISO ; en français, il est toujours vivant ! L’ISO peut dire ce qu’elle veut, on s’en fout ! Dans les acronymes et surtout dans les sigles, on devrait accentuer les lettres issues de mots où elles sont accentuées. (Je sais… les exemples ne manquent pas pour illustrer la proposition inverse, à commencer par notre E.D.F, eudéhéf, responsable de tant d’« electricité » dans les copies et les manuscrits…)
Les graphistes sont en train de comprendre tout le parti qu’ils peuvent tirer des accents dans la conception des logotypes issus de sigles ou d’acronymes. Je compte beaucoup sur eux pour rappeler aux amateurs d’uniformité planétaire la beauté des règles singulières ! Quand les marchands redécouvriront l’efficacité des accents, les oukases isoterm(inologiqu)es n’auront aucun poids…
La graphie et l’orthographe du français ne sont pas négociables ! Donc elles ne se négocient pas. L’ISO peut s’imaginer le contraire tant qu’elle le souhaite… De tout cœur avec vous dans le combat que vous menez !
A. LABONTÉ : L’ISO ne fait que suivre les règles « normales » (!) du français.
Cher fondateur de l’A.A.A.,
Alors, le Code typographique du syndicat des correcteurs suit les règles « anormales » du français en accentuant tous les sigles… Alors, le Larousse et le Robert suivent les règles « anormales » du français en écrivant respectivement A.-É.F. et A-ÉF pour Afrique-Équatoriale française
S’agissant de la graphie des sigles, il n’y a pas (plus) de règles ! On est en pleine fantaisie arbitraire…
Si l’ISO suit les règles « normales » et actuelles du français, je ne peux dire qu’une chose : elle a de la veine de les avoir trouvées…
Ce qui est amusant dans l’affaire, c’est que les sigles et les acronymes datant d’une époque où l’on pensait que le français pouvait respecter sa propre « normalité » sont accentués… alors que les petits nouveaux (depuis quand même quelques décennies…), comme C.E.I., sont soumis à d’autres « lois »… Cela dit, il me semble normal que des institutions chargées de la normalisation jugent leurs propres erreurs normales. Il est vrai que l’on ne parle plus d’Agétac mais du GATT
Pourquoi faut-il accentuer les sigles ? Pour réduire leur autonomie ! On n’est pas ici sur le seul terrain de la graphie, assez dérisoire, mais sur celui de la langue.

À Typographie, le 16 décembre 1997.
O. RANDIER : Il me paraît donc logique et évident que l’on accentue les acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques, et plus encore les acronymes lexicalisés.
Oui, logique et même souhaitable, mais est-il envisageable d’en faire une règle et d’accentuer systématiquement les acronymes syllabiques, singulièrement ceux qui sont lexicalisés sans accent ? Qui va écrire « des modéms » ? Certains acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques peuvent être assimilés à des mots-valises. Il convient de militer pour leur autonomie graphique ! À l’inverse, évitons d’accentuer ce qui ne le mérite pas (quelques experts égarés suggèrent d’écrire Bénélux…).
O. RANDIER : Alors qu’on ne doit pas accentuer les sigles vrais, ni les acronymes formés d’initiales. En effet, pour ces deux derniers, l’accentuation ne pourrait que prêter à confusion. Un exemple : si l’on accentue l’acronyme (généralement honni) ENA, devrait-on mettre un accent grave sur le E (puisque c’est ainsi qu’il se prononce) ou un accent aigu (puisqu’il s’agit d’une é-cole) ? Il s’agit donc d’un cas où on omet volontairement et à raison l’accentuation des capitales, afin d’éviter la contradiction possible entre l’accentuation de l’initiale d’origine et la prononciation logique de l’acronyme.
Moi, j’aimerais que l’on accentue les vrais sigles et les acronymes formés d’initiales… même si l’usage dominant est celui que tu décris… La contradiction éventuelle entre prononciation et graphie du sigle est bien mince et sans réelle importance, mais celle qui s’instaure entre prononciation du sigle et prononciation des mots qui le composent (parfois l’E.D.F. se prononce eudéhéf…) et surtout entre graphie du sigle et orthographe des mots qui le composent est souvent très néfaste et fort peu pédagogique (electricité…).
L’ennui, c’est qu’un mot d’ordre du genre « Accentuez tous les sigles et tous les acronymes », s’il est séduisant, car facile à retenir et à mettre en pratique, est un tantinet abrupt (mais moins absurde que le slogan inverse…), car la question n’est pas simple… Je crois que la plupart des vrais sigles peuvent s’accentuer sans problème et avec profit mais que les acronymes sont plus capricieux.
Dernier point, la graphie des sigles et des acronymes est une question « orthotypographique » (ce qui « permet » de faire à peu près tout et n’importe quoi, hélas…) mais celle des rares acronymes lexicalisés est une question par bonheur strictement orthographique (ce qui est bien reposant)…
URSSAF : Ultime Remarque, Samedi Soir, les Acras étaient Formidables…

À Typographie, le 2 juin 1998.
J. ANDRÉ : Non ! Ce devrait être alors ATI (Association de Typographie Internationale). Si ledit Vox a choisi ATypI, c’est comme un logo, non ?
Non, ce n’est pas « d’abord » un logo, c’est un acronyme syllabique, comme Benelux, et personne de sensé ne compose BeNeLux… Si on le considère ensuite comme un logo, c’est une autre affaire… Car un logotype est une « représentation » graphique (qu’il est impossible de restituer en toute circonstance typographique).

À F.L.L.F., Fr.Lettres.Écriture, Fr.Soc.Internet, le 10 juin 1999.
L’adéquation entre l’oral et l’écrit […] n’est pas si fréquente en français… Ne ruinons pas un des rares cas où elle pourrait être effective… […] Il est judicieux de composer les vrais sigles (épelés) en grandes capitales suivies d’un point abréviatif (C.G.T.), sans espace, les acronymes formés d’initiales en grandes capitales collées (OTAN), les acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques en bas de casse avec l’initiale en grande capitale (Afnor) et les acronymes lexicalisés en bas de casse (radar).
Ça complique la vie du scripteur mais ça facilite celle du lecteur… Or les « règles » typographiques sont faites pour cela… non pour autre chose. […]
X [lors d’un autre débat] : Je comprends bien la règle distinguant ce qui se dit de ce qui s’épelle. Mais la raison séparant les « acronymes formés d’initiales en grandes capitales collées » des « acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques en bas de casse » m’échappe : étant des acronymes, ils se disent, donc pourquoi pas Otan ?
Les sigles (purs ou acronymiques) sont composés en grandes capitales (ce qui indique qu’ils sont formés d’initiales). Les points abréviatifs indiquent que les « vrais » sigles sont épelés (C.G.T.). Leur absence dans les acronymes indique (et entraîne) la lecture au long (OTAN).
Les acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques, n’étant pas composés (exclusivement) d’initiales, ne prennent la capitale qu’à leur première lettre (Afnor).
Vous me direz, voilà de beaux principes… qui parfois ne résistent pas à l’usage […]. Tout de même, il est sage de les respecter le plus possible…

À Typographie, le 9 octobre 1999.
O. RANDIER : Si j’écris : « OTAN acronyme » (sigle prononcé) ça te va ?
Non, pas du tout… mais cela importe peu. Juste par curiosité : que serait un sigle « non prononcé » ? Je sais, mon comique de répétition est lourdingue…
O. RANDIER : Si l’on suit la règle, on devrait composer UNESCO et non Unesco, puisque ce n’est pas un acronyme syllabique.
Quelle règle ? La mienne ? Alors, oui… on devrait composer UNESCO. Par chance et par définition, ma « règle » n’en est pas une… En outre, elle n’est pas à moi…
O. RANDIER : J’en conclus que l’usage admet qu’Unesco est lexicalisé, non ?
Non, je ne conclurais certainement pas cela… Si j’adoptais ton mode de raisonnement, je finirais par croire que… puisque l’usage dominant élimine les points abréviatifs des sigles, CGT est devenu un acronyme… Tu vois le tableau ?

À F.L.L.F., du 14 au 19 janvier 2000.
G. SOUVAY : INaLF-CNRS Service Informatique.
INaLF ? Cette graphie (typographiquement fort peu française…) est-elle adoptée dans tous les documents de votre institut ?
(Ce n’est pas une critique en l’air, pour le plaisir : les motivations de telles pratiques m’intéressent beaucoup.)
P. HALLET : Le A d’appui restant minuscule, puisqu’il n’est pas l’initiale d’un mot mais seulement la seconde lettre de « national ».
Selon le même « principe » et pour donner un brin de cohérence à l’emploi de cet anglicisme graphique, je suppose que vous écrivez AssEDIC ? ASSEDIC est tolérable (pas par moi…), mais Assedic (acronyme partiellement syllabique) est bien préférable.
P. HALLET : Au fait, quid du I de SMIC ?
Vestige de « interprofessionnel »… et non deuxième lettre de « minimum »…
P. HALLET : Étant Belge, je n’ai pas la moindre raison, à quelque moment que ce soit, d’écrire assedic, de quelque manière que ce soit.
Frottez-vous de temps en temps à des cultures étrangères…
P. HALLET : Votre message me fait soupçonner qu’il s’agit d’assurances.
Ce soupçon est, comme souvent, injustifié. Ass pour Association. Pas confondre avec Assubel…
P. HALLET : Donc je suppose que oui, on écrirait AssEDIC selon le principe cité.
Selon votre « principe ».
Celui qui va vous conduire à écrire BeNeLux, CoMEcon
P. HALLET : J’ignore pourquoi vous parlez de ce principe entre guillemets.
Parce que ce n’en est pas un…
P. HALLET : Et j’ignore en quoi il constitue un anglicisme (j’ai même des doutes à ce sujet).
Si vous ne voyez pas d’anglicisme dans AssEDIC (j’avais pourtant fait un effort…), vous n’aurez pas votre DipESL (Diploma in English as a Second Language) ! (Je vous expédie cela avec mon bon MacSOUP… qui a quelque chose à voir avec Simple Offline Usenet Protocol.)
T. SCHOLLIER : Et Capac signifie « caisse auxiliaire de paiement des allocations de chômage ».
Donc, CAPAC…

À Typographie, le 21 janvier 2000.
P. DUHEM : Les acronymes lexicalisés peuvent s’écrire avec une cap et des minuscules (Unesco).
Les acronymes lexicalisés (au sens non orthodoxe d’« intégrés au lexique ») ne prennent pas de capitale initiale (radar, ovni, etc.). Mêmes les AFAT, une fois lexicalisées, deviennent des afats… À quoi bon être lexicalisé… si c’est pour conserver la marque des dénominations propres ?…
Quant à l’acronyme UNESCO (ou Unesco, mais c’est à mon sens regrettable…), il n’est pas lexicalisé et n’a aucune chance de l’être un jour. Selon moi (et quelques autres…), pour prendre la cap uniquement à l’initiale, il faut être à la fois un acronyme syllabique (ou pseudo-syllabique) et une dénomination propre (Benelux, Afnor, etc.).

À F.L.L.F., le 26 août 2000.
L. BENTZ : Car j’ai effectivement vu, dans différents forums, écrire : les FAQ, les FAQs, les faqs, les Faqs.
Les FAQ sont très bien, les Faqs posent d’inutiles problèmes — statut de la chose ? dénomination propre ? —, et les FAQs sont inadmissibles. Quant aux faqs, forme souhaitable pour un acronyme « lexicalisé » (une faq, des faqs comme un ovni, des ovnis), méritent-elles d’accéder déjà au panthéon lexical du « tout minuscule » et de l’accord en nombre ? Possible… À chacun de voir… Moi, je vote non… mais je ne ferai pas campagne…

À Langue-Fr., du 14 au 16 mars 2001.
A. LABONTÉ : Un sigle ou un acronyme […] s’accorde en nombre s’il se prononce comme un mot.
Si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas un acronyme… (en français). Et si c’est le cas, ce n’est plus un sigle pur…
A. LABONTÉ : À remarquer que le ministère français de l’Éducation nationale le recommande dorénavant pour les travaux de secrétariat.
Tant qu’il s’agit de « travaux de secrétariat », il peut recommander ce qu’il veut… même les pires dingueries.
A. LABONTÉ : De ne plus mettre de points abréviatifs dans le cas des sigles (pour des raisons, discutables à mon avis, de contraintes informatiques dans certains logiciels). Que l’on soit d’accord ou non, cet usage existe et existera de plus en plus. Il fera école (c’est le cas de le dire).
J’espère bien que non. (Je suis sûr que non…)
A. LABONTÉ : Heureusement ou malheureusement (je dois dire que je trouve lourd d’écrire O.T.A.N., O.N.U., etc. inutilement lourd).
Pas de problème… On écrit OTAN, car il ne s’agit pas d’un sigle pur (épelé) mais d’un sigle acronymique. Quant à ONU, on fait ce que l’on veut, ou plus précisément on l’écrit comme on le prononce… ou comme on souhaite qu’il soit lu… Voir plus bas.
A. LABONTÉ : Je suis donc d’accord pour des raisons de simplification.
Ce n’est pas une simplification… au contraire ! c’est un massacre (de plus…) qui complique la vie des lecteurs. Dire que ce sont les mêmes qui se plaignent de l’écart entre langue orale et langue écrite et qui, ici, tentent de ruiner une adéquation que des conventions graphiques garantissent… l’OTAN et l’OUA sont moins « simples » à lire que l’OTAN et l’O.U.A.
Cela semble contraignant […] ? Pas du tout ! Ici, comme toujours, c’est la loi qui garantit votre liberté ! Vous prononcez ô haine, hue et tenez à le faire savoir ? Écrivez O.N.U. Vous préférez prononcer eau nue ? Écrivez ONU… N’abandonnez pas votre liberté à des professionnels (typographes… ou pédagogues) qui ne cherchent qu’à simplifier leur boulot… Pour celui qui écrit, la grande règle (la seule, au fond…), c’est le respect du lecteur…
P. DECLERCQ : Un nom commun ne s’écrit pas en capitales : cela n’est pas cohérent avec la logique typographique par ailleurs.
Parfois, si… en particulier lorsqu’il s’agit de sigles, qui plus est de sigles brefs, « lisibles » ou non. Écririez-vous un gi, un ce, une ivg ?
P. DECLERCQ : Je garderais plutôt les capitales pour les institutions ou les marques comme ONU ou BMW. Et encore, on voit fréquemment écrit Fiat, ce qui n’est pas non plus très choquant. Alfa Romeo, encore moins (Anonima Lombarda Fabbrica di Automobili + Nicola Romeo). Même dans les noms propres on peut donc lexicaliser assez vite.
Vous prenez le problème à l’envers… Il n’y a pas de lexicalisation ici, mais construction d’acronymes « propres » coïncidant avec des termes d’un lexique donné, fût-il latin…
Le cas de Fiat (Fabbrica Italiana Automobili Torino) est particulièrement éclairant, surtout avec les modèles de lux(e)…
P. DECLERCQ : Enfin à partir du moment où l’on écrit cd, le pluriel pourrait être en toute simplicité cds.
Prononcé cédéesse ? Si nous vous suivions, nous aurions aussi des hlms, des bds, des gis, des ivgs, des pvs ? Des crss ? Si vous renoncez au s pour les sigles se terminant déjà par un s, comment reconnaîtrez-vous ces ces (collèges d’enseignement secondaire) et ces ces (comités d’entreprise) ? Déjà que l’on a des contrats emploi solidarité…

À F.L.L.F., du 10 au 11 août 2001.
S. NATARAJA : ASSEDIC. ASSociation pour l’Emploi Dans l’Industrie et le Commerce.
Oui, ce qui montre que ce n’est pas un sigle acronymique, mais un acronyme partiellement syllabique… donc… qu’il ne faut pas l’écrire ASSEDIC mais Assedic, car dans Ass… il n’y a pas trois initiales…
P. RIVAUD : Donc : AssEDIC ou Ass.E.D.I.C. ?
Vous écrivez BeNeLux et AFNor ? Peut-être même RaDAR ? Non ? Alors, je me demande ce que veut laisser entendre votre « donc ».
B. ANDERSSON : Monsieur, je n’ai pas moi-même inventé ce sigle en majuscules, ce sont les Français qui ont préparé l’imprimé comme ça en majuscules. Désolé.
Pas en majuscules, monsieur, en capitales. Sur ma carte d’identité, sous « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE », mon patronyme et mes prénoms sont eux aussi inscrits intégralement en capitales. Jamais je n’ai cru que cela m’obligeait à les reproduire ainsi en toutes circonstances.
Ouvrez un Petit Larousse, vous découvrirez que d’autres Français, non moins respectables mais sur ce point un peu plus compétents que des employés de bureau, écrivent avec raison : Assedic.

À Typographie, le 30 novembre 2001.
T. BOUCHE : On n’a pas à se soucier de savoir si un acronyme est syllabique, un sigle ou quoi d’autre.
Et voilà… Adieu consciencieux soucis… En une phrase, tu résumes bien l’élégante problématique de nos marcheurs à semelles lisses : ne pas se faire chier !
Le lecteur, on s’en tape ! Il veut savoir de quoi t’est-ce qu’on lui cause exaguetly ? Si on lui file un acronyme ou un sigle, du hard ou du cochon ? N’a qu’à chercher lui-même, on n’est pas payés pour ça !
Eh bien si, camarades, vous (auteurs, oui, auteurs, éditeurs, récriveurs, préparateurs, correcteurs, compositeurs, typochosistes de toute sorte, voire graphistes, artistes de l’œil ou d’ailleurs), vous êtes payés pour ça. Peut-être mal, mais c’est une autre histoire.


Acropole

Une acropole, l’acropole de Thèbes, l’Acropole (d’Athènes).


Acte d’une pièce de théâtre

« Le dernier acte est sanglant, quelque belle que
soit la comédie en tout le reste : on jette enfin
de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. »
Blaise P
ASCAL, Pensées.

1.

••• Dans les références, on numérote les actes d’une pièce de théâtre ou d’une œuvre lyrique en chiffres romains, grandes capitales (scènes en petites capitales) : Polyeucte, acte IV, scène VI ; les Pêcheurs de perles, acte III, sc. I.
Impr. nat. 1990, Tassis 1870.
Ramat 1994.
Attention ! Si les scènes constituent les divisions principales d’une œuvre (acte unique), on les numérotera en grandes capitales : les Précieuses ridicules, scène IX.
Greffier 1898.
Remarque. — Il n’y a là rien d’arbitraire. C’est la règle générale qui s’applique : numérotation des divisions principales d’un ouvrage en GRANDES CAPITALES ; divisions secondaires en
PETITES CAPITALES.
•• Dans les titres en vedette, on peut soit numéroter en chiffres romains (sauf le premier acte), grandes capitales, soit tout composer en lettres, grandes capitales :

ACTE PREMIER
ACTE IV
ACTE QUATRIÈME


2. Au sein d’une phrase

•• Composition en lettres : c’était tellement nul que je suis parti au début du troisième acte.
•• Numérotation en chiffres romains grandes capitales admise : l’ouverture emprunte le thème du duo de l’acte III.


Adage Proverbe


Addenda
Annexe, Errata, erratum.

Élément ajouté à la fin d’un texte pour réparer un oubli important (dû à l’auteur, au compositeur, à l’imprimeur…). Ne pas confondre avec Addition (note marginale) ou Ajout (voir ces deux mots).
Il peut s’agir de quelques paragraphes, de quelques pages ajoutées in extremis ou, plus rarement, d’un livre entier. Dans le premier cas, il convient de faire la différence entre appendice et addenda ; dans le second, entre supplément et addenda.
Au pluriel : un addenda, des addendas.
Invariable selon Académie 1994.

Un appendice ne répare pas une omission. Il fournit des éléments liés au sujet traité mais dont l’insertion dans le corps du texte ruinerait la limpidité ou l’harmonie de l’exposé.
Un supplément ne comble pas un trou ; comme son nom l’indique, il donne des informations supplémentaires, qui, par exemple, étaient indisponibles ou inexistantes lors de la rédaction et de l’impression d’une édition antérieure. C’est le cas des mises à jour d’encyclopédies, de dictionnaires techniques ou de langues vivantes. En revanche, quand un corpus figé est publié avec une prétention à l’exhaustivité, toute publication ultérieure visant à le compléter est un addenda, ce que trop d’éditeurs feignent d’ignorer, sans doute à cause d’une désagréable ressemblance entre addenda et errata.


Addition Note.

¶ Petite note placée en marge, hors de la justification, sans appel de note. Ce dernier point la différencie des notes marginales ou de bas de page qui exigent un appel dans le texte courant.
Les additions, ou manchettes, sont avant tout destinées à fournir des repères chronologiques, des résumés, des concordances, des références bibliographiques.
Leur corps doit être inférieur à celui du texte courant et à celui des éventuelles notes de bas de page. Le blanc qui les sépare du texte courant doit être au moins égal à un cadratin de leur corps. La première ligne de base d’une addition doit être alignée avec celle de la ligne du texte courant où figure le premier mot auquel la note se rapporte.
Aujourd’hui, la composition est le plus souvent en drapeau.
Ne pas confondre avec Addenda et Ajout (voir ces deux mots).


Adepte Doctrine, Parti, mouvement, Religion.

••• Que sa dénomination dérive d’un nom commun ou d’un nom propre, l’adepte ne prend jamais de majuscule initiale. L’adhérent, le disciple, le fidèle, le membre pas davantage.
Toutes les catégories sont concernées (religion, philosophie, littérature, arts, politique, etc.) : un anglican, sept bouddhistes, trois catholiques, un dadaïste, deux existentialistes, un gnostique, un hindou, deux impressionnistes, trois jansénistes, quelques kharidjites, soixante laxistes, trois marxistes, quatre nudistes, deux oulipistes, dix presbytériennes, un quiétiste, un rexiste, des saint-simoniens, deux trotskistes, dix ultras, une voltairienne, un wahhabite, un zoroastrien.
Code typ. 1993, Doppagne 1991, Girodet 1988, Impr. nat. 1990, Tassis 1870.

Pour chrétien, {Chrétien}, chrétienté, Chrétienté, voir : Religion.
Albigeois obéit à la règle. Lorsque ce terme désigne un, ou des, ou les habitants d’Albi, il exige la majuscule initiale. En revanche, lorsqu’il désigne un, ou des, ou les cathares, il l’exclut : les albigeois n’étaient pas tous des parfaits ; les Albigeois ne sont pas tous parfaits. Remarque similaire pour vaudois (disciple de Pierre Valdo) et Vaudois (habitant du canton de Vaud).
Juif a un comportement identique. Élément d’un peuple : majuscule initiale ; fidèle d’une religion : minuscule initiale. Les Juifs furent persécutés par les nazis ; les juifs furent persécutés par les chrétiens (voir : Religion).

Cas particuliers :
Bizarrement, la Révolution française a introduit des privilèges et de regrettables entorses à la règle : {les Feuillants, les Girondins, les Jacobins, les Montagnards}, etc.
Impr. nat. 1990.



À F.L.L.F, du 27 au 29 décembre 2000.
C. WEIL : Mais le substantif Juif partage avec les Noirs le douteux privilège de pouvoir s’écrire par la majuscule.
En principe (peu suivi…), juif/Juif obéit à la règle générale : le substantif prend la minuscule initiale s’il s’agit du fidèle d’une religion, la majuscule initiale s’il s’agit du membre d’un peuple (terme technique : ethnique) ou de l’habitant d’un lieu (gentilé). Exemples classiques : Albigeois/albigeois, Vaudois/vaudois, Juif/juif. Les chrétiens ont persécuté les juifs, les prétendus descendants des Aryens ont persécuté les Juifs.
C. WEIL : Comment fait-on, dans la plupart des contextes, pour savoir s’il est question du fidèle d’une religion ou du membre d’un peuple ?
Bonne question… En principe (toujours aussi peu suivi), ce n’est pas au lecteur de choisir… c’est à l’auteur de savoir ce qu’il veut dire… ce qu’il veut dire au lecteur. Pour être opérationnel, ce beau principe suppose évidemment la connaissance partagée de quelques conventions graphiques… hélas ignorées d’un nombre considérable et sans cesse croissant d’auteurs et de lecteurs… Donc, dans les faits, bêtement têtus comme nul ne l’ignore, le bordel règne en maître. Partout… de Céline à Albert Cohen, deux de mes idoles pourtant, non pour des raisons différentes, pour la même raison, la seule qui vaille s’agissant de langue écrite. Bonne raison, mais pas une raison pour baisser les bras, pour laisser filer… d’autant que… parfois… l’orthotypographique sodomie des diptères met en lumière de très regrettables quoique parfois volontaires confusions conceptuelles.
BIRAS-GUIBLET : Par exemple : un juif athée israélien. Une capitale le met dans une ethnie ; une minuscule, dans la Torah. Dilemme absurde.
Un citoyen israélien résoudrait votre dilemme, qui au sens strict et dans les faits n’en est d’ailleurs pas un.
BIRAS-GUIBLET : Mais, sans vous titiller, un citoyen athée israélien doit-il se dire juif…
Un juif athée (israélien ou non) est aussi étonnant qu’un musulman ou un chrétien athée (israélien ou non). Je ne dis pas qu’il faut choisir définitivement sa croyance (en Dieu ou en la matière incréée) mais que l’association des deux termes pour qualifier un individu à un moment donné de son cheminement spirituel est étrange…
On peut être juif (ou musulman) et Israélien (ou Français), c’est certain et ce n’est pas ce que je contestais. En outre… un athée juif est concevable (voir plus bas).
BIRAS-GUIBLET : … ou se dire Juif ?
Ça dépend… S’il l’est (s’il a le sentiment ou la volonté d’appartenir à un peuple), évidemment. Si c’est un Arabe (ou autre), ça se discute… Mais n’oubliez pas qu’un juif (donc, en principe, non athée) est aussi un Juif… par conséquent, la majuscule ne suffit pas à caractériser l’un ou l’autre… C’est la minuscule qui ici distingue… Cela dit… l’introduction de la rigueur laïque et française en Terre sainte n’est pas à l’ordre du jour… D’autant qu’ici les choses se compliquent (ou se simplifient…) parfois. Ainsi, la distinction Juif/juif (ou Albigeois/albigeois) ne concerne-t-elle que les substantifs… Avec les adjectifs, retour au flou… Un Juif athée est aussi un athée juif… Quant à la perfection albigeoise… renvoie-t-elle aux tristes « parfaits » ou à l’austère silhouette de Sainte-Cécile ?
J. FONTAINE : Pas toujours : pensons à ce chanteur noir américain qui s’est converti au judaïsme. Si l’on suit le raisonnement, ce serait un juif, mais pas un Juif.
Pourquoi donc ? Parce qu’il est chanteur ? Parce qu’il est Américain ? Ne me dites pas que c’est à cause de la couleur de sa peau ? (Ici, j’aurais pu employer, entre guillemets, un terme détestable.) Si vous avez suivi un raisonnement, ce n’était certainement pas le mien. Une question, en passant : les Falachas ont-ils droit à la majuscule ? Même si l’absence de prosélytisme (et donc la rareté des conversions) trouble la perception, vous me surprenez un peu, cher Fontaine. Un type, noir, blanc, jaune ou turquoise qui se convertit aujourd’hui au judaïsme doit avoir aussi, selon toute vraisemblance, la volonté de partager un héritage, en l’occurrence tragique, de s’intégrer à une histoire, en l’occurrence douloureuse. Nul ne peut lui dénier ce droit. Ce droit à la majuscule.
J. FONTAINE : J’ai raté le début et j’avais cru comprendre que le raisonnement était : minuscule pour l’adepte du judaïsme, peu importe son origine ethnique…
Oui.
J. FONTAINE : … et majuscule pour le membre de l’ethnie descendant des Hébreux et de la diaspora, peu importent ses croyances religieuses.
Non… attention ! si l’on ne précise pas que cette « descendance » recouvre une volonté, un sentiment d’appartenance, la formule est dramatiquement dangereuse.
J. FONTAINE : Le corollaire étant alors que la rareté des conversions fait que l’un et l’autre sont le plus souvent, mais pas toujours, synonymes.
Non… Uniquement dans un sens (croyance > appartenance), certainement pas dans l’autre…
J. FONTAINE : Toujours selon ce raisonnement : oui s’ils prétendent descendre des Hébreux, dans les faits ou au moins symboliquement.
Quelle que soit la couleur de la peau, la « descendance » est de toute façon symbolique.



Adhérent
Adepte


Administration Ministère, ministre.

Lorsqu’il désigne l’ensemble des services et des agents de l’État, ce mot peut prendre une majuscule initiale. C’est « l’Administration avec un grand A ». S’il désigne l’un de ses services ou ses agents, il ne mérite que la minuscule initiale : l’administration des Douanes.
Académie 1994, Impr. nat. 1990, Larousse 1999, Robert 1993.
Code typ. 1993, Doppagne 1991 {l’Administration des beaux-arts}.
Les académiciens flottent : « Dans toute l’administration ; y compris l’Armée […]. » – Jules R
OMAINS, Examen de conscience des Français > Toute l’Administration, y compris l’armée.
École nationale d’administration (ÉNA). Elle forme certes l’élite de l’Administration mais on y enseigne l’art de l’administration.
Robert 1985 {École Nationale d’Administration, E.N.A.}.



Adresse Arrondissement, Voie et espace public.

Code postal.
Les recommandations de l’administration des Postes sont ineptes. Selon elle, la ligne du code postal ne doit contenir aucun accent, aucune minuscule, aucune ponctuation, aucun trait d’union, aucune apostrophe :
89190 Villeneuve-l’Archevêque
89190 VILLENEUVE-L’ARCHEVÊQUE
89190 VILLENEUVE-L’ARCHEVÊQUE
ne suffisent pas à son bonheur. Elle exige :
89190 VILLENEUVE L ARCHEVEQUE
Autres curiosités administratives, parmi des dizaines d’autres :
29120 PONT L ABBE (29120 Pont-l’Abbé)
72530 YVRE L EVEQUE (72530 Yvré-l’Évêque)
85350 L ILE D YEU (85350 L’Île-d’Yeu)
À quoi servent donc les cinq chiffres du code postal ? (89190 = Villeneuve-l’Archevêque.) Faut-il effectuer un contrôle de concordance ? La reconnaissance optique des caractères s’étend aux minuscules et aux signes auxiliaires. Ces bouffonneries ne doivent pas être prises au sérieux : l’éventuelle faiblesse technique de notre tri postal ne confère pas à ses responsables le pouvoir d’imposer le massacre orthographique des toponymes.
Colignon 1983, Impr. nat. 1990, Perrousseaux 1995 acceptent et préconisent l’officielle pitrerie (il est, honnêtement, difficile d’en faire grief à l’Imprimerie nationale).


I. Accents, virgules et points
dans les adresses

À Typographie, le 17 avril 1998.
La Poste nous impose d’écrire le nom de la localité en majuscules, sans accent, sans signe de ponctuation, précisément (ou plutôt : prétendument…) pour assurer une redondance optiquement reconnaissable…
Remarque. — Moi, j’accentue les noms de localités, je mets les apostrophes et les traits d’union… et mon courrier arrive à bon port, dans des temps honorables…

À Typographie, le 20 avril 1998.
T. PEACH : L’emploi de la virgule ne va pas par ailleurs sans me surprendre, mon maître de français d’antan ayant insisté qu’il s’agissait là d’un anglicisme (anglo-saxonisme ?), de sorte que je m’en dispense même aujourd’hui et reste tout ébaubi devant sa présence…
Moi aussi… Je veux dire : je ne mets pas de virgule entre le numéro et le nom de la rue. 1 rue des Abysses.
C’est bien sûr un usage très minoritaire… par conséquent… non recommandable ! Quant à savoir si la virgule est un anglicisme, je n’ai pas de certitude, bien qu’Étiemble l’affirme…
Je ne suis pas ébaubi, car certains peuvent prétendre que la virgule, pour inutile qu’elle soit, remplit un de ses rôles traditionnels : elle marque une ellipse. 1, rue des Abyssesau numéro 1 de la rue des Abysses. L’ennui, c’est que l’ellipse de la préposition et de l’article n’a pas à être marquée… Sinon… l’apposition deviendrait un sport impraticable…
Ce qui pourrait me faire revenir au lourd usage dominant, c’est le message de Jean Fontaine… En effet, fréquentes en Amérique du Nord, les rues caractérisées par un simple ordinal posent un petit problème… La virgule semble indispensable dans 1, 2e Rue… même si, à la réflexion, l’effet décimal est assez curieux (mieux vaudrait : 2e rue, 1)… Comme cette façon de « nommer » les voies publiques est étroitement localisée, je reste fidèle à l’espace simple…
Dans les adresses belges, la virgule est obligatoire, puisqu’il y a inversion : rue des Abysses, 1 = rue des Abysses, au numéro 1.
Toutefois, dans certains cas, on se retrouve avec des fantaisies à peine moins ridicules que celles qui découlent de l’helvète suppression de la virgule.
J. ANDRÉ : Le Guide romand précise : « Lorsque le numéro précède le nom de la rue, il est suivi d’une virgule ; s’il est placé après (forme usuelle en Suisse romande), la virgule est supprimée : 39, avenue de France — avenue de France 39. »
C’est une recommandation absurde… à plus d’un titre. (Pour la langue, voir ma réponse à T. Peach.) Sur le plan strictement graphique, voyons ce que ça donne avec d’autres exemples : place du 18-Juin-1944 32 — rue Albert II 3. Joli…
Tu me diras que place du 14-Juillet-1789, 5 c’est à peine moins perturbant…
A. LABONTÉ : Jean-Pierre Lacroux a écrit : « Quant à savoir si la virgule est un anglicisme, je n’ai pas de certitude, bien qu’Étiemble l’affirme… » Curieux, on m’a déjà dit l’inverse.
L’inverse de quoi ?… On ne peut dire qu’Étiemble n’a pas écrit ceci : « Enveloppes : […] après le numéro de la rue ou de la place, on n’oubliera pas la virgule, selon l’usage américain […]. » (Parlez-vous franglais ? III, 3.) S’agit-il réellement d’une influence américaine ? Je suis loin d’en être persuadé… En France, l’usage dominant (correspondance privée, travaux de ville, édition, etc. […]) a longtemps été l’inversion… mais avec une petite précision (no) : rue des Abysses, no 1.
Et, je l’espère (en vérité, je m’en fous… c’est mon usage, voilà tout) : 1 rue des Abysses.
A. LABONTÉ : On y inscrit le no d’appartement avant le numéro de rue, et séparé par un trait d’union. Ainsi, alors que l’on écrivait auparavant : 71, rue St-Louis, app. 25 on écrit maintenant ici : 25-71, rue St-Louis.
Qu’est-ce qu’on fait quand une adresse correspond à plusieurs numéros ?… L’usage français est : 12-14, rue des Abysses. Nous ne sommes pas près d’adopter l’étrange système de Cloche Canada… 25-71-73, rue Saint-Louis ?…

À Typographie, du 20 au 22 mai 1999.
J. FONTAINE : Quelqu’un connaît l’origine de cette convention (pas toujours suivie) de la virgule après le numéro dans les adresses ?
Pas précisément, mais a priori, enfin à vue de nez, il y en a deux.
1. L’ellipse légitime. On peut écrire (aujourd’hui uniquement au sein d’une phrase ou d’une enseigne archéobranchée) : au 5 de la rue des Alouettes. Tout en maintenant l’article contracté initial, on peut écrire elliptiquement : au 5, rue des Alouettes. Normal, la virgule indique une ellipse (« de la », ou « du » s’il s’agit d’un boulevard…).
Encore faut-il qu’il y ait un premier déterminant… et c’est là que nous arrivons à l’horreur du point deux…
2. Un legs du goût maladif de la symétrie. Une adresse pouvait s’écrire ainsi : À Saint-Locdu, rue des Alouettes, au Nid de Poule. Puis : À Saint-Locdu, rue des Alouettes, no 5. Puis : rue des Alouettes, 5.
Toutes ces virgules sont justifiées « syntaxiquement ». Elles marquent soit une rupture, soit une ellipse.
Puis, finement, on a écrit : 5, rue des Alouettes, 5. Élégant comme un dessus de cheminée. Quand on s’est rendu compte que c’était franchement con, on a écrit, en conservant la virgule de symétrie : 5, rue des Alouettes.
L’ordre est enfin le bon, puisqu’il conduit du particulier (identité) au général (localité, voire pays), mais la virgule qui sépare ici le numéro et la voie publique ne signifie rien. Où est la rupture ? Où est l’ellipse ? (Attention ! tous ces « puis » ne sont pas à prendre au pied de la lettre… les usages se recouvrent sur de longues périodes, mais en gros c’est à peu près ça, ou pas loin…)
E
FGÉ : Chez M. Dugenou, rue de l’Arbalète. Au numéro 18, rue de l’Arbalète. Au 18, rue de l’Arbalète. Je n’y vois, finalement, rien d’illogique ni de choquant.
Elle est bonne. Évidemment qu’il n’y a là rien de choquant… puisque dans tous vos exemples la virgule est justifiée. Manque le bon, celui qui pose un petit problème… Je recommence… (en oubliant Dugenou, qui à mon avis n’est pas un numéro) :
Il crèche au 18 de la rue de l’Arbalète.
Il crèche au 18, rue de l’Arbalète.
Il crèche rue de l’Arbalète. Il crèche au 18.
Il crèche 18 rue de l’Arbalète.
Tout cela est parfait.
Si vous préférez : Il crèche 18, rue de l’Arbalète, j’aimerais savoir pourquoi. J’aimerais connaître le rôle de cette virgule. Que marque-t-elle ?… À mon sens, il crèche 18 de la rue de l’Arbalète ou il crèche 18 (virgule, car nous passons à autre chose, éventuellement de même fonction) rue de l’Arbalète n’en ont aucun.
A. JOLY : Cela m’amuse de constater que les exemples donnés pour justifier l’emploi de la virgule transposent les adresses dans un contexte littéraire.
Si j’ai bien compris les messages précédents, il me semble que nous sommes d’accord pour trouver inutile (et même, en ce qui me concerne, absurde) la virgule qui sépare le numéro et le nom de la voie publique dans les adresses pures et dures.
En revanche, je ne vous suis pas quand vous contestez l’intérêt d’une immersion de l’adresse dans une phrase. C’est précisément le moyen le plus simple de démontrer l’ineptie de cette virgule.

À France-Langue, le 28 février 2000.
K. MUKUNDI : Pour revenir à la question des perles qui parent les enveloppes, en Suisse romande, la Genève internationale exceptée (voisinage de la France oblige), on place d’abord l’avenue, ou la rue, etc., avant le numéro. On écrira ainsi : Monsieur Machin Impasse des Bleuets 2 (pas de virgule, donc).
Si… là, il en faut une. Cela se comprend : imaginez que le nom de la voie publique se termine par un nombre exprimé en chiffres arabes…
Là encore, attention ! Dans la présentation « à la française » (numéro d’abord), l’absence de virgule est correcte (et c’est le meilleur choix…), mais c’est une pratique minoritaire et condamnée par la plupart des « experts ». À vous de voir si vous avez envie d’emprunter les sentiers de la raison ou ceux du conformisme.


II. Un point après une adresse Internet ?

À Typographie, du 3 au 5 août 2001.
J.-C. LENORMAND : Je me suis mal fait comprendre. Mon problème n’est pas l’insertion d’un tiret conditionnel pour les retours à la ligne mais sur une URL en fin de phrase et donc avec un point collé à la fin de l’URL.
Exemple : mon site est http://www.image-et-net.com. Le point collé au « com » me gène car il porte à confusion, donc jusqu’à maintenant je rajoutais un espace comme ceci : mon site est http://www.image-et-net.com . en étant tout à fait conscient que c’est typographiquement (très) incorrect. […]
Concrètement, je cherche la présentation la plus correcte : mon site est http://www.image-et-net.com ; mon site est http://www.image-et-net.com . ; mon site est <http ://www.image-et-net.com> ; ou toute autre proposition…
P. JALLON : Si la publication — ou la page — est en couleurs, composer l’URL en choisissant une couleur discrète. Si elle est en noir et blanc, utiliser un niveau de gris bien lisible, mais identifiable comme tel.
Dernièrement, le peuple est devenu très con, y a pas à dire. Naguère, tu lui communiquais ton adresse en écrivant un truc du genre : Ducon, 874 (,) av. des Bleuets, 99154 Bagdad. Miracle ou mystère de l’entendement humain, il t’envoyait une bafouille, le brave peuple, en inscrivant ceci sur l’enveloppe : 99154 BAGDAD — Incroyable… pas de point après « Bagdad » !
Je cherche une explication, il doit bien y en avoir une, oui, voici : en cet âge d’or, le peuple soupçonnait, d’instinct — il était malin, alors —, que certains signes, pris dans le flux syntaxique de ton texte, n’étaient plus de mise en d’autres circonstances.
Chers amis de la chose imprimée et du machin virtuel, que s’est-il passé entre-temps ? Quelle influence mettre en cause ? Des forces telluriques néfastes ? Extraterrestres ? (Pour ceux qui rétorqueraient qu’un point peut figurer dans une adresse ridiculaire, je signale qu’il y en a un dans l’adresse de mon correspondant mésopotamien telle que je l’ai indiquée…)
.


Aéro-

••• Tous les mots commençant par le préfixe « aéro » s’écrivent sans trait d’union : aéroglisseur, aérospatial, aérotransporté, etc.
Une seule exception, injustifiable : aéro-club (des aéro-clubs). Sur ce point, la rectification du Conseil supérieur de la langue française est à adopter sans hésitation : un aéroclub, des aéroclubs.
Robert 1993.

Aérotrain prend, en principe, la majuscule initiale : c’est le nom déposé d’un engin qui glissa quelque temps entre la banlieue de Paris et celle d’Orléans.
Robert 1993, Universalis 1990.


Âge Date.

« L’aristocratie a trois âges successifs :
l’âge des supériorités, l’âge des privilèges,
l’âge des vanités : sortie du premier,
elle dégénère dans le second et s’éteint
dans le dernier. »
François René de C
HATEAUBRIAND,
Mémoires d’outre-tombe.

« Qui croirait que ce châtiment d’enfant
reçu à huit ans par la main d’une fille de trente
a décidé de mes goûts, de mes désirs,
de mes passions […]. »
Jean-Jacques R
OUSSEAU, les Confessions.

1.

•• Dans la quasi-totalité des occurrences, l’âge d’un être, d’une chose ou d’une abstraction s’écrit et se compose en lettres.
Berthier & Colignon 1979, Bref Larousse 1995, Code typ. 1993, Girodet 1988, Gouriou 1990, Guéry 1996.
Impr. nat. 1990, Perrousseaux 1995 (chiffres arabes).
Exemples. — Mon chien va sur ses quinze ans ; Schubert est mort à trente et un ans ; elle entre dans sa treizième année ; ce porto aura bientôt cinquante ans ; ce siècle avait deux ans… Jean-Hubert a déjà six mois.
Dans les ouvrages spécialisés, les chiffres arabes sont admissibles, voire recommandés dans les énumérations, les comparaisons et, naturellement, dans les tableaux.
Exemple. — « D’abord une aggravation des retards scolaires avec l’âge : 44,14 % à 11 ans, 73,50 % à 12 ans, 81,48 % à 13 ans et 83,03 % à 14 ans. » – Henri S
ALVAT, l’Intelligence, mythes et réalités.

¶ En fin de ligne, on ne peut séparer un nombre exprimé en chiffres du terme auquel il se rapporte (11 / ans). Il est en revanche parfaitement licite de couper après un nombre exprimé en lettres (onze [ ans).


2.

••• Âge n’a jamais de majuscule initiale, sauf dans Moyen Âge.
Exemples. — L’âge d’or, l’âge d’argent, l’âge d’airain, l’âge de fer (âges mythiques). L’âge de la pierre taillée, l’âge de la pierre polie, l’âge du bronze, l’âge du fer, l’âge du renne, du mammouth, etc. (périodes préhistoriques et protohistoriques). L’âge d’or, le troisième âge, l’âge de raison, etc. (sens figuré).
L’Âge ingrat est une comédie d’Édouard Pailleron, l’Âge d’airain est une œuvre d’Auguste Rodin.

Moyen Âge : trait d’union très déconseillé. Pour le reste, selon Thomas 1971, il faut choisir : ou l’on écrit l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes, ou l’antiquité, le moyen âge, les temps modernes. De nos jours, l’emploi de la majuscule semble devenir la règle. Elle n’est pas nécessairement judicieuse ; suivons-la néanmoins, sans hésiter : le Moyen Âge.
Académie 1994, Girodet 1988, Gouriou 1990, Guéry 1996, Impr. nat. 1990, Larousse 1985, Larousse 1999, Lexis 1989, Robert 1993, Thomas 1971 et, si cela ne suffit pas : Paul Verlaine.
Catach 1994 [Moyen âge], Hanse 1987 : moyen âge, [Moyen âge], Larousse 1885, Littré 1872 : moyen âge, Robert 1985 : moyen âge, {moyen-âge}.


À F.L.L.F., le 19 décembre 1999.
MONTCALM : Le moyen âge n’est pas correct ?
Je n’ai pas dit ça (mais je le pense très fort…). J’ai laissé entendre que des graphies contradictoires dans des dictionnaires du même éditeur ne pouvaient que perturber le lecteur.
MONTCALM : Hanse admet Moyen Âge, moyen âge et Moyen âge.
Il est bien le seul… Il a trouvé Moyen âge dans quelques bouquins mal relus, mais il s’est bien gardé de justifier cette graphie. Sa collection est d’ailleurs incomplète : manque le moyen Âge… et les mêmes variantes avec trait d’union…
MONTCALM : Il me semble que les majuscules ne s’imposent pas.
Comme l’insinuait le cher Thomas, il ne vous reste plus qu’à écrire l’antiquité et les temps modernes

À F.L.L.F., le 10 janvier 2001.
L. BENTZ : Le Lexique de l’Imprimerie nationale ne donne que Moyen Âge.
Il a bien raison… et il n’est pas seul : c’est aujourd’hui la forme dominante (dans les ouvrages de référence), donc, pour les ceusses qui se veulent respectueux du bon usage, la forme correcte…
L. BENTZ : Sur le Haut, on peut (peut-être, m’avancéj avec prudence) appliquer la règle des régimes (comme Second Empire)…
Tssss… Même les époques, à commencer par la Belle, désignées par un adjectif antéposé et un substantif ne seraient d’aucune aide…
L. BENTZ : … et retenir Haut Moyen Âge (sinon, pourquoi l’illogique haut Moyen Âge au lieu de haut moyen Âge ?).
Rien d’illogique dans la graphie haut Moyen Âge, au contraire… et les deux horreurs citées le démontrent… en accordant le même statut à deux qualificatifs qui ne qualifient pas la même chose… L’Âge en question serait donc haut et moyen à la fois ? De quoi troubler le lecteur…
Haut ne qualifie pas Âge, mais Moyen Âge. Seul le trait d’union pouvait sauver le Haut Moyen-Âge… Quand on écrit Moyen Âge (comme il convient de le faire aujourd’hui…), on écrit haut Moyen Âge

À F.L.L.F., le 10 août 2001.
Moyen Âge est aujourd’hui la seule graphie recommandable. Pas de discussion, circulez, y a rien à voir !… […] Quant au trait d’union… que ceux qui s’accrochent à moyen-âge ou à Moyen-Âge écrivent temps-modernes ou Temps-Modernes… et, sur leur lancée, pendant qu’on y est, trait-d’union

À Typographie, le 11 décembre 2001.
É. ANGELINI : … mais la phrase du Grand Bob : « On écrit moyen âge, Moyen âge, Moyen Âge, moyen-âge, Moyen-âge, Moyen-Âge. » … ne signifie-t-elle pas : « Nous constatons les graphies (…) » ?
Causons un peu lexicographie… J’imagine que tu n’ignores pas une de ses conventions les plus utiles… celle qui consiste à donner les graphies des variantes dans un ordre « préférentiel » décroissant. Ainsi, la graphie considérée par beaucoup d’ouvrages de référence comme la plus (voire aujourd’hui la seule) recommandable, Moyen Âge, nous est-elle offerte en troisième position, après l’inepte Moyen âge. Je crois que le gros Bob s’oublie un peu.


Ajout Addenda, Addition.

Élément ajouté par l’auteur dans un texte déjà composé. Si les corrections d’auteur dans le texte en placard sont évidemment admissibles, les longs ajouts effectués sur les épreuves mises en pages le sont beaucoup moins.
Rien à voir avec Addenda ou Addition. Voir néanmoins à ces deux mots.



Alinéa Cadratin, Énumération, Paragraphe.

1. Vocabulaire

••• Alinéa (du latin a « de, depuis », linea « ligne ») a une triple signification : ligne dont le premier mot est rentré ; renfoncement ménagé au début d’une ligne nouvelle ; par extension, portion d’un texte comprise entre deux de ces renfoncements.
La dernière partie de la définition, pourtant classique, est approximative, quasi absurde : à la lettre, elle implique qu’il ne peut y avoir de dernier alinéa… Il est pourtant sage de l’adopter et de s’en tenir là : inutile d’ajouter à la confusion en faisant d’alinéa un synonyme de paragraphe. Un alinéa (portion de texte) est compris entre deux alinéas (renfoncements). Un paragraphe est séparé d’un autre paragraphe par une ou plusieurs lignes blanches (un ou trois astérisques viennent parfois aider à borner les territoires, voir : Astérisque, Paragraphe). Un paragraphe peut accueillir plusieurs alinéas.
Académie 1994, Drillon 1991, Gradus 1980, Grevisse 1986, Impr. nat. 1990, Littré 1872.
Guéry 1990, Larousse 1999, Lexis 1989, Richaudeau 1989, Robert 1985.

¶ La composition dite « en alinéa » (seule la première ligne de chaque alinéa est rentrée d’un alinéa) s’oppose à la composition dite « en sommaire » (toutes les lignes sont rentrées à l’exception de la première).



2. Le renfoncement d’alinéa

Quelle que soit la force du corps utilisé, l’alinéa (renfoncement) a en principe la valeur d’un cadratin (blanc carré de la force du corps ; pour la mesure du cadratin en P.A.O., voir : Cadratin §3).
Lefevre 1855.
L’alinéa ne doit pas être mesquin : on ne lui attribuera jamais une valeur inférieure au cadratin. Dans certaines compositions « plus ou moins disproportionnées » (exemple : corps trop petit pour la justification, interlignage généreux), il sera même judicieux d’augmenter sa valeur jusqu’à un cadratin et demi, voire deux cadratins. Hormis ces cas, on se gardera de l’élargir sans motif : nécessairement supérieure à celui-ci, la longueur des lignes creuses inadmissibles en fin d’alinéa sera augmentée d’autant. Voir : Ligne creuse.

Les logiciels de traitement de texte permettent de créer des paragraphes (touche Retour) et des « aller-à-la-ligne-sans-retrait » (touches Majuscule-Retour). En revanche, et c’est très regrettable, ils ne peuvent créer de vrais alinéas au sein d’un paragraphe dont la mise en forme inclut des blancs « interparagraphes ». Si l’on compose un texte courant avec des alinéas (retraits), il est sage de donner une valeur nulle aux espaces qui séparent les paragraphes, afin que la touche Retour engendre des alinéas… Les vrais paragraphes sont ensuite créés par l’adjonction d’une ligne blanche. La force de cette ligne dépend de la nature du texte, du format, de la mise en pages. Voir : Paragraphe.
Williams 1992.
(Si l’on compose sans retrait, on ne peut hélas échapper à ces blancs caractéristiques de la correspondance commerciale anglo-saxonne.)


3. Cas particuliers

3.1. Les mots en apostrophe au début des lettres ou des discours se rentrent d’au moins deux cadratins, voire plus sur les grandes justifications.
Lefevre 1855.

3.2. Lorsqu’une phrase ou un alinéa sont interrompus par une citation — ou un exemple — composée sur une justification différente, la reprise s’effectue sans renfoncement (minuscule initiale dans le cas d’une phrase interrompue).
En revanche, s’il n’y a pas de rupture, l’alinéa suivant commence par un renfoncement.
Frey 1857, Lefevre 1855.
Marcel Proust, dans Du côté de chez Swann, fournit de magnifiques exemples :

 

3.3 Poésie.
Alinéas da
ns la composition des vers, voir : Vers.


Retrait d’alinéa et début de paragraphe

À France-Langue, le 5 novembre 1998.
P. LABELLE : De plus, il est mieux de ne pas mettre de retrait à chaque paragraphe, utilisez plutôt une espace fine (em dash ou en dash, en anglais) qui correspond à la taille du caractère.
Si je vous lis bien, l’espace fine ou quart de cadratin aurait la valeur du cadratin (blanc de la force du corps)… et se traduirait en anglais par des expressions signifiant « tiret sur cadratin » (em dash) et « tiret sur demi-cadratin » (en dash)…
Je me doute bien que ce n’est pas ce que vous avez voulu dire… mais je redoute que ce ne soit ce qui aura été compris par quelques-uns de vos lecteurs. Sur l’essentiel, nous sommes d’accord, le retrait d’alinéa a au minimum (et, par tradition, idéalement) la valeur du cadratin. Toutefois, ce n’est qu’une généralité… applicable aux compositions « ordinaires ». Si certains paramètres (empagement, justification, chasse du caractère, etc.) s’écartent de l’« ordinaire », il est sage d’user de ses yeux pour modifier (augmenter un chouïa…) la valeur du retrait.
Remarque annexe… Le retrait d’alinéa concerne au premier chef les alinéas… Pour les paragraphes (qui peuvent contenir plusieurs alinéas…), il faut autre chose… Du moins dans les acceptions données à ces deux termes par la langue encore précise des typographes.

À Typographie, du 7 au 13 mai 1997.
J. ANDRÉ : On appelle renfoncement ou retrait (indentation en franglais de P.A.O.) le blanc en début d’alinéa. Généralement, il s’agit d’un cadratin. Pour des petites justifications (journaux, livres de poche, etc.) ça va. Mais dès que la justif est un peu longue, je trouve cette valeur bien trop petite : si ce blanc remplit bien son rôle de marqueur de début d’alinéa, je trouve que sur une page entière, ça fait des bords irréguliers (surtout si les alinéas sont eux-mêmes courts, c’est-à-dire s’il y a peu de lignes dans chacun). Existe-t-il quelque typographe qui ait écrit quelque chose sur ce sujet ?
Dans les compositions « ordinaires » ou équilibrées (corps, interlettrage et interlignage bien adaptés à la justification, emploi d’un caractère « raisonnable »), le renfoncement traditionnel d’un cadratin me semble faire l’affaire. Toutefois, l’art typographique a ceci de plaisant qu’il associe conventions rigides et liberté de s’en affranchir allégrement…
A. HURTIG : Voilà une distinction [entre alinéa et paragraphe] un peu bizarre, et qui ne tombe pas sous le sens commun.
Possible… Elle figure néanmoins dans quantité de codes et de manuels publiés au cours des deux siècles précédents (la dactylographie n’y est pour rien).
Toutefois, cela n’est pas l’essentiel, car ces ouvrages regorgent de conventions qui ne tombent pas sous le sens commun… Ce qui compte, c’est que cette distinction entre paragraphe et alinéa est mise en œuvre dans quantité de textes, littéraires ou non. De grands et de petits écrivains l’ont parfaitement maîtrisée. Oublier les subtilités qu’elle permet serait très dommageable.
A. HURTIG : En pratique, pour les indications de mise en pages fournies par les auteurs, j’écarte par principe celles qui ne rentrent de toute façon pas dans la charte graphique de la collection (du genre plein d’espaces entre les par… les alinéas, pardon, du genre gras-italique-souligné-relief, etc.), et les fantaisies que rien ne vient justifier (dues uniquement à l’ivresse de la puissance que donnent les traitements de textes et autres outils de présentation).
Entièrement d’accord, mais les exemples que vous donnez sont un peu caricaturaux. Il me semble abusif de mettre dans le même sac les délires du genre « gras-italique-souligné-relief » et la volonté d’un auteur d’articuler subtilement son texte. La distinction (théorique) entre alinéa et paragraphe relève davantage de la ponctuation que de la pure typographie. La force du blanc est sans aucun doute le bien du typographe, non sa présence.
J’ai reçu quelques messages privés… je réponds ici à tous… où l’on m’explique que je suis dans l’erreur et qu’un paragraphe est avant tout défini par un retour à la ligne (on en fait ainsi un strict synonyme d’alinéa). Je veux bien, mais alors l’Académie, Drillon, Grevisse, Littré et quelques autres sont dans l’erreur… sans compter la plupart des typographes.
Ce qui explique peut-être la confusion, c’est le vocabulaire imprécis des logiciels et le succès de l’atroce composition sans renfoncement, qui contraint bien souvent à introduire du blanc entre deux alinéas.
Je me suis peut-être mal exprimé, mais je ne crois pas avoir écrit que la distinction entre paragraphe et alinéa devait obligatoirement être introduite dans tous les textes… On a bien le droit d’écrire et de composer sans paragraphe (et même sans alinéa…). Je me suis borné à rappeler qu’alinéa et paragraphe correspondent à des degrés différents dans l’articulation de la pensée, donc du texte, donc de la composition.
Le paragraphe ne doit pas être d’abord défini par des critères physiques (en l’occurrence typographiques), et là j’ai été un peu rapide dans mon précédent message. Ces critères changent (à l’origine, et c’est la signification étymologique, on le repérait grâce au signe « ¶ » placé « à côté » du texte ; depuis fort longtemps, c’est la ligne de blanc, parfois même les trois astérisques en triangle en début de paragraphe).
Ce qui compte, c’est qu’il correspond dans la pensée à une unité cohérente. Si l’on passe à une autre, on passe à un autre paragraphe. L’alinéa est beaucoup plus souple d’emploi, et l’on va à la ligne quand on veut…

À Typographie, du 24 au 25 janvier 1998.
P. CAZAUX : Peut-être suis-je dans le faux, mais voici ce que je crois savoir : le retrait d’alinéa a pour but de faciliter l’accroche par l’œil du lecteur du début d’un paragraphe.
Non… en début d’alinéa…
P. CAZAUX : Il a sa raison d’être dans un texte dense composé en continu, et où l’on ne saute pas de ligne entre les paragraphes. Si l’on fait ce dernier choix, le retrait de première ligne fait double emploi et ne se justifie plus.
Si… Paragraphe et alinéa ne sont pas synonymes. Un paragraphe peut contenir plusieurs alinéas. La ligne blanche est un des attributs traditionnels des paragraphes.
P. CAZAUX : D’ailleurs, dans une compo soignée, on n’en met pas au premier paragraphe suivant un titre, car il n’en a pas besoin.
Ça se discute… (mais pas à cette heure-ci… enfin si, juste un mot… à ce compte-là, pourquoi diable mettre des lettrines pour indiquer l’évidence : « On commence ici » ?).
P. CAZAUX : Pour ma part, je préfère le retrait d’alinéa […] au saut de ligne qui me paraît être une rupture trop importante.
Il n’y a pas à choisir, puisqu’il s’agit de deux signaux différents… Retrait d’alinéa pour les alinéas, ligne blanche pour les paragraphes.
J. MELOT : En réalité, cela nous vient d’Amérique du Nord ou, je dirais, plus probablement, de Grande-Bretagne, comme le plus souvent.
C’est exact… mais je voudrais nuancer le propos. Cela nous vient des « mauvais » typographes anglo-saxons, qui, comme chez nous, sont par nature les plus nombreux… Si vous observez bien le travail de certains typographes, anglais et raffinés, vous verrez que dans les paragraphes initiaux composés sans retrait, le ou les termes initiaux sont composés en petites capitales… c’est-à-dire en suivant la règle applicable aux lettrines ! Lorsque les termes initiaux sont composés en bas de casse, les bons typographes anglais introduisent un retrait d’alinéa même au premier paragraphe d’un chapitre.

À Typographie, le 9 novembre 1999.
F. POMMEREAU : Les alinéas (ou paragraphes, on ne va pas se battre).
Si… justement, je suis prêt à
me battre… Car cette distinction est essentielle ! C’est bien parce qu’ils l’ignorent que Perrousseaux et d’autres (ici même…) racontent n’importe quoi.
Elle est si importante, si liée à la structure d’un texte donné, qu’elle ne dépend pas des typographes d’hier ou d’aujourd’hui… Heureusement… Manquerait plus que ça…
Et si on leur demandait de décider ce qu’est un chapitre ? ou une phrase ?
Ou un vers ?
Dieu que les « paragraphes » sont nombreux da
ns la poésie !… À n’y pas croire…


Allégorie

« Certes aucun imbécile n’eût songé jadis
à nier le caractère universel de la Douleur,
mais la douleur universelle était discrète. »
Georges B
ERNANOS,
les Grands Cimetières sous la lune.

Les noms communs désignant des allégories (personnification ou expression par une image quelconque d’une idée abstraite) ou des symboles s’écrivent en principe avec une majuscule initiale.
Impr. nat. 1990.
Exemples. — Ils sont morts pour le Drapeau ; la Vérité retourne dans son puits.



Allemand

« Les allemands [sic], pour avoir inventé l’art
Typographique, sont ceux qui y ont fait
jusqu’ici le moins de progrès. Ils sont dans
l’usage d’espacer les titres faits du caractère
bas de casse, ce qui n’est point agréable à
l’œil, parce que ces lettres doivent être liées
les unes avec les autres. »
Antoine-François M
OMORO,
Traité élémentaire de l’imprimerie
.

Si l’on doit intégrer une citation allemande au sein d’un texte français, on se gardera d’adopter toutes les conventions typographiques allemandes. En revanche, on respectera les conventions orthographiques, par exemple la majuscule initiale des substantifs :
»Nr. 2: Dr. Martin, 19. Jahrhundert.« devient « No 2 : DMartin,
XIXe siècle. »


Abréviations

Abb.
  
Abbildung
   figure   
fig.
Bd., Bde.
 
Band, Bände
 
volume(s)
 
vol.
d. h.
 
das heißt
 
c’est-à-dire
 
c.-à-d.
Dr.
 
Doktor
 
docteur
 
Dr
Fr.
 
Frau
 
Madame
 
Mme
Frl.
 
Fräulein
 
Mademoiselle
 
Mlle
Hr.
 
Herr
 
Monsieur
 
M.
Hs.
 
Handschrift
 
manuscrit
 
ms.
Hss.
 
Handschriften
 
manuscrits
 
mss
K., Kap.
 
Kapitel
 
chapitre
 
chap.
n. Chr.
 
nach Christus
 
après Jésus-Christ
 
apr. J.-C.
Nr.
 
Nummer
 
numéro
 
no
o. J.
 
ohne Jahr
 
sans date
 
s. d.
o. O.
 
ohne Ort
 
sans lieu
 
s. l.
s.
 
siehe
 
voir
 
S.
 
Seite
 
page(s)
 
p.
usw.
 
und so weiter
 
et cetera
 
etc.
v. Chr.
 
vor Christus
 
avant Jésus-Christ
 
av. J.-C.
vgl.
 
vergleiche
 
confer (comparer)
 
cf., cf.
z. B.
 
zum Beispiel
 
par exemple
 
p. ex.


Sigles

Dans les textes composés en allemand, les sigles ne prennent pas de point abréviatif : Die Koalition von CDU und FDP. En revanche, dans les textes composés en français, les sigles allemands obéissent à la règle française : la coalition de la C.D.U. et du F.D.P.

AG
   société anonyme
GmbH
  société à responsabilité limitée
IG
  groupement d’intérêts


Accents

Tréma : ä, ö, ü


Division

On ne coupe pas « ch » et « sch ».


Ponctuation

Les signes de ponctuation haute sont collés au signe qui les précède.
Les guillemets »allemands« ont un comportement opposé à celui de leurs homologues « français ». Lorsque les nôtres « ouvrent », eux »ferment«, et vice versa.
Les nombres ordinaux sont marqués d’un point après le dernier chiffre : 15. (français : 15e).