Règles typographiques : de Saint à Symbole


Saint Bible.

« Ils sont trente-sept, là-haut, qui font de l’eau.
Marche en tête, lance en main, saint Médard, grand
pissard. De l’autre part, ils ne sont que deux : saint
Raymond et saint Dié, qui dissipent les nuées. Mais
viennent en renfort saint Blaise chasse-vent, Christophe
pare-grêle, Valérien avale-orage, Aurélien tranche-tonnerre,
saint Clair fait le temps clair. »
Romain R
OLLAND, Colas Breugnon.

••• Humbles, les vrais saints ne demandent ni la majuscule à leur titre — qui est un nom commun — ni le trait d’union (sauf celui qui figure éventuellement dans leur prénom ou dans leur nom) : saint Jean, saint Jean Baptiste (saint Jean le Baptiste), saint Jean-Baptiste de La Salle, saint Denis, saint Étienne, sainte Cécile, sainte Geneviève, saint Simon (apôtre) ; la Passion selon saint Matthieu ; il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints.

En revanche, les fêtes, les lieux, les édifices et les institutions placés sous leur invocation exigent le « S » majuscule — il s’agit de noms propres — et le trait d’union : la Saint-Nicolas, les feux de la Saint-Jean, la fête de saint André se célèbre le jour de la Saint-André, la république de Saint-Marin, l’estuaire du Saint-Laurent, la banlieue de Saint-Étienne, la cathédrale Sainte-Cécile, les églises de Sainte-Mère-Église et de Saintes-Maries-de-la-Mer, la rue Saint-Denis, la bibliothèque Sainte-Geneviève, les cellules de Sainte-Pélagie, l’ordre de Saint-Michel.
Les noms de famille et les pseudonymes obéissent évidemment à cette règle : Camille Saint-Saëns, Antoine de Saint-Exupéry, Saint-John Perse (Alexis Léger, dit), Saint-Simon (comte, duc).


Pluriel des adjectifs et des noms communs

Dans les adjectifs, les gentilés et les noms communs, « saint » ne prend jamais la marque du pluriel : des socialistes saint-simoniens, des Saint-Affricains, des saint-bernard.


Trait d’union dans les toponymes

La règle s’applique, en principe, à toutes les dénominations françaises ou francisées qui incluent « Saint » : Saint-Marin (San Marino), Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela).
Les « Saints » germaniques (Sankt) n’ont jamais de trait d’union : Sankt Pölten, Sankt Wedel, etc.
Les « Saints » italiens (San), espagnols (San ou Santa) et portugais (São ou Santo) n’ont jamais de trait d’union : San Severo ; San Diego, San Francisco, Santa Ana ; São Paulo, etc.
La règle française s’applique aux « saints » corses : San-Martino-di-Lota, Santa-Maria-Siché, etc. Et au commissaire San-Antonio.
Restent les « Saints » anglo-saxons. La plupart ne sont pas francisés : Saint Albans, Saint George ; beaucoup n’ont nul besoin de l’être : Saint Paul, Saint Thomas ; pour quelques-uns, il est légitime de se demander s’ils ont jamais été anglicisés : Saint Louis. Aujourd’hui, le malheureux qui s’aventure à écrire Saint-Louis (Missouri) passe pour un ignare… alors qu’il respecte une graphie séculaire. Autrefois, les lexicographes français écrivaient [San-Francisco, Sao-Paulo], c’était simple mais peu subtil ; depuis quelques décennies, ils n’osent même plus introduire un trait d’union entre Saint et Louis… Je doute que cela incite les francophones à prononcer « louisse ». Ce n’est qu’à la fin des années cinquante que le Petit Larousse a abandonné Saint-Louis. Il est difficile, contre l’usage moderne, de préconiser le trait d’union dans les dénominations « anglo-saxonnes d’origine française » ; on devrait du moins le considérer comme non fautif.

Voies publiques. La règle française s’applique dans tous les cas de figure ; le trait d’union s’impose même au sein des noms propres étrangers qui en sont dépourvus. L’avenue qui porte le nom du général San Martin s’écrit donc : avenue du Général-San-Martin.


Majuscule et minuscule des noms communs

Les noms communs dérivés de noms propres ne prennent pas la majuscule initiale, sauf s’il s’agit de gentilés (habitants) : un saint-cyrien, des saint-cyriens (élèves ou anciens élèves de Saint-Cyr). Un Saint-Cyrien, des Saint-Cyriens (habitants de Saint-Cyr-l’École).


Abréviations

Noms communs : placés devant des noms propres, saint(s) et sainte(s) ne s’abrègent jamais. On ne tolérera les formes « St Jean » ou « Ste Berthe » que dans les calendriers…
Lefevre 1883.

Toponymes : lorsqu’ils entrent dans la composition d’un toponyme, Saint, Sainte, Saints et Saintes ne s’abrègent jamais.
Frey 1857, Lefevre 1855.
Écrire [St-Étienne, Stes-Maries-de-la-Mer] est une faute grave. Exceptions admises : composition des noms de petites localités sur les cartes géographiques ou de rues minuscules sur les plans…

Patronymes : ici, pas d’exception ! L’abréviation est proscrite dans toutes les occurrences !
Exemples de graphies monstrueuses : [St-Simon, St-Saëns].


Produits
(vins, fromages, gâteaux…)

Jamais de majuscule mais toujours un trait d’union.

La marque du pluriel divise les experts. Certains n’accordent jamais : Girodet 1988, Impr. nat. 1990, Larousse 1992, Lexis 1989. Certains accordent parfois : Robert 1985 (selon des critères historiquement justifiés mais très étranges : des saint-germain, des saint-nectaires). D’autres enregistrent que l’usage est indécis : Grevisse 1986, Hanse 1987 (qui encourage l’accord du second élément), Robert 1993, Thomas 1971 (qui note une tendance à l’invariabilité).
Si vous n’accordez jamais, vous ne commettrez aucune faute impardonnable mais vous aboutirez à des incohérences ou, pour certains lecteurs, à des finesses (« Il a englouti trois camemberts et quinze saint-nectaire »…) ; si vous accordez systématiquement, vous ne serez pas davantage à l’abri des bizarreries (les saint-émilions n’ont rien à voir avec les vins de Saint-Estèphe) et vous commettrez des fautes condamnées par Robert 1985 avec les saint-pierre[s], les saint-michel[s], les saint-germain[s]…
L’Académie travaille à un dictionnaire mais le « S » est encore loin… Jusqu’à nouvel ordre, j’ai un faible pour l’invariabilité.

Gâteaux : saint-honoré, saint-michel.
Fromages : saint-benoît, saint-florentin, saint-marcellin, saint-nectaire, saint-paulin, sainte-maure.
Vins : saint-amour, saint-émilion, saint-estèphe, saint-jeannet, saint-péray.
Fruit : saint-germain.

Attention aux majuscules et à l’eau de Saint-Yorre, à la bouteille de Saint-Galmier ; constructions comparables : vin de Saint-Émilion, bouteille de Saint-Estèphe.


Animaux

Pluriel : des saint-bernard, des saint-germain (mais un braque Saint-Germain), des saint-pierre. Attention aux majuscules des coquilles Saint-Jacques…
Robert 1985, 1993 ; voir ci-dessus « Produits ».


Saints et saintes divers…

Un saint-frusquin, des saint-frusquin ; les saints de glace.
Lexis 1989, Robert 1985, 1993.

Une sainte-barbe, des saintes-barbes (magasin à poudre).
Larousse 1885, 1992.
Inv. Larousse 1970, Lexis 1989.

À la saint-glinglin.
Robert 1985, 1993.

Une sainte nitouche, des saintes nitouches.
Larousse 1933, Lexis 1989, Impr. nat. 1990, Robert 1985, 1993.
Larousse 1999 {sainte-nitouche}.

Attention à Saint frères, entreprise des frères Pierre, François et Aimable Saint…


Typographie au plomb

La Sainte-Touche est le jour de la paie ; la saint-jean, l’ensemble des petits outils nécessaires au compositeur (composteur, pinces, pointe, typomètre) ; Saint-Jean-Porte-Latine, la fête des typographes.


Religion

••• Eucharistie, jours et objets saints. Pas de trait d’union, minuscules : la sainte ampoule, le saint chrême, le saint ciboire, les saintes espèces, les saintes huiles.
La sainte messe, le saint sacrement, la sainte table, les saintes reliques.
La semaine sainte, le jeudi saint, le vendredi saint.
Doppagne 1991, Girodet 1988.
Académie 1994, Gouriou 1990 {Semaine sainte, Vendredi saint}, Impr. nat. 1990.
••• Institutions.
Trait d’union et majuscules : le Saint-Office, le Saint-Siège, la congrégation du Saint-Sacrement.
••• Lieux (géographiques).
Pas de trait d’union, minuscule : un lieu saint, un saint lieu, une terre sainte.
•• Lieux où le Christ a vécu, c’est-à-dire la Palestine.
Majuscule au substantif  : les Lieux saints, la Terre sainte.
Girodet 1988, Gouriou 1990, Impr. nat. 1990, Lexis 1989.
Tassis 1870 {la terre sainte}.

Un saint-sépulcre, le Saint-Sépulcre (Jérusalem).
Le Saint, le Saint des Saints (Temple de Jérusalem).
Lexis 1989.
Larousse 1992 {saint des saints}.

La Sainte-Chapelle, les saints apôtres, les saints Innocents.
La sainte Église, la Sainte-Trinité, la Sainte Vierge.
La sainte Bible, l’Écriture sainte.
Le Saint-Esprit, l’Esprit saint.
Le Saint-Père.
Robert 1985, 1993,
Impr. nat. 1990, Larousse 1992 {saint-père}.

La Sainte Face, la sainte Famille.
Girodet 1988, Robert 1993, Impr. nat. 1990 {Sainte Famille}.


Histoire

Le Saint-Empire,
Impr. nat. 1990.

Le Saint-Empire romain germanique,
Robert 1985, 1993,
Larousse 1970.

La sainte Russie,
Robert 1985, 1993.

Un saint-simonien, des saint-simoniens, une saint-simonienne, des saint-simoniennes, le saint-simonisme.
Gouriou 1990, Larousse 1992, Lexis 1989, Robert 1985, 1993.
Hanse 1987 {Saint-Simoniens}.

La Sainte-Alliance.
Impr. nat. 1990, Robert 1985, 1993.


Satellite Astre


Scène Acte d’une pièce de théâtre


Second

La distinction entre second (il n’y a pas, ou plus, ou pas encore de troisième) et deuxième (il y a nécessairement un troisième et éventuellement des suivants jusqu’à l’infini) est certes arbitraire, certes récente, certes peu respectée, elle est belle, émouvante, utile, et mérite donc d’être préservée. Les exceptions et les aberrations fournies à la pelle par les armées, les administrations ou les compagnies de transport, les dynasties de tout poil n’y changent rien : la seule vertu de la Seconde Guerre mondiale est précisément qu’elle n’est pas encore la deuxième, le seul défaut de ma seconde fille est qu’elle ne sera jamais la deuxième.
Girodet 1988, Impr. nat. 1990, Robert 1985, 1993, Thomas 1971.
Académie 1994, bien sûr, Grevisse 1986, Hanse 1987 (dont les démonstrations sont d’admirables exemples de purisme *).
* L’exemple du couple « second-deuxième » illustre la faiblesse de la traditionnelle opposition « purisme-laxisme ». Dès que l’usage introduit une subtilité, de prétendus laxistes ont recours à une argumentation « puriste » pour la repousser avec mépris (« C’est récent… »), sans la moindre citation d’auteur « respectable » qui viendrait gêner l’opération. Dès lors qu’il s’agit d’entériner un abandon supposé, les citations de maîtres « récents » affluent.


Sic Crochet, Latin, Parenthèse.

(Sic) de l’auteur dans son propre texte.

[Sic] du commentateur, de l’éditeur, ou de l’auteur dans le texte d’un tiers.
Exemple. — « Les ragoûts, notamment l’irish tsew [sic], pourraient se classer après les meilleurs ragoûts d’Europe, qui sont les ragoûts grecs […]. » – Paul M
ORAND, Londres.


Siècle Date.

« On ne peut guère loger à plus
de vingt dans un siècle. De là les
grandes disputes pour la célébrité. »
Henri M
ICHAUX,
« Idées de traverse », Passages.

••• L’adjectif ordinal des siècles s’écrit en toutes lettres ou en chiffres romains (composition en chiffres romains petites capitales) : le deuxième siècle avant Jésus-Christ, le vingtième siècle, le IXe siècle av. J.-C., le XIXe siècle.
Code typ. 1993, Greffier 1898.
Gouriou 1990, Impr. nat. 1990, Leforestier 1890 (uniquement en chiffres romains petites capitales).
Abrégé typ. 1993, Guéry 1990 (chiffres romains grandes capitales).
Les chiffres arabes [12e siècle] et les grandes capitales * [XVIIIe siècle] sont à proscrire, quelle que soit la nature du texte.
* Les codes (Code typ. 1993, Gouriou 1990, Impr. nat. 1990) s’accordent sur ce point ; or les meilleurs dictionnaires des difficultés de la langue semblent ignorer cette règle : Girodet 1988, Hanse 1987, Thomas 1971.
Exception. — Dans un titre en vedette ou un fragment de texte composé en grandes capitales, les siècles suivent le mouvement : ROME AU XIXe SIÈCLE.
Attention à la graphie des ordinaux romains :
Ier, IIe, IIIe siècles. Formes fautives, hélas très fréquentes : [Ie, IIeme, IIIème, IVo siècles], voir : Chiffres romains.
Les adjectifs cardinaux exprimant un « nombre de siècles » ne s’écrivent jamais en chiffres romains : cette plaisanterie a duré deux siècles après la naissance du Christ.
•• L’abréviation de « siècle » en s. n’est admissible que dans les notes et les références.


••• Nombre

Singulier : le huitième et le neuvième siècle, le XIXe et le XXe siècle, du XIIIe au XVe siècle.
Pluriel : les huitième et neuvième siècles, les XIXe et XXe siècles.
(Songer aux chevaux : le huitième et le neuvième cheval, les huitième et neuvième chevaux.)


Sans article

Singulier quand les siècles ne sont pas immédiatement successifs. XVe-XVIIe siècle signifie « du XVe au XVIIe siècle ».
Pluriel quand les siècles sont immédiatement successifs.
XVe-XVIe siècles : « des XVe et XVIe siècles ». Exceptions : datations incertaines.
Singulier dans les datations incertaines.
XVe-XVIe siècle : « du XVe ou du XVIe siècle ». Ve ou XVIe siècle : « du Ve ou du XVIe siècle ».
Impr. nat. 1990.
Girodet 1988, Hanse 1987, Thomas 1971.


••• De siècle en siècle

Dans la plupart des cas, la minuscule initiale s’impose : le siècle de Périclès, le siècle de Louis XIV, le siècle des philosophes, le siècle de l’atome.
Hanse 1987, Larousse 1933, 1970, 1992, Lexis 1989, Littré 1872.
Impr. nat. 1990 {Siècle des philosophes}. Gouriou 1990, Robert 1985 {Siècle de Périclès}.

Le siècle des lumières (
XVIIIe siècle), ou le siècle des Lumières pour ceux qui préfèrent « les Lumières ».
Hanse 1987 (siècle des lumières).
Girodet 1988, Impr. nat. 1990, Larousse 1985, Robert 1985, 1993 {Siècle des lumières}.

Exception.Le Grand Siècle (France,
XVIIe siècle : le siècle de Louis XIV), le Siècle de Louis XIV (VOLTAIRE).
Girodet 1988, Gouriou 1990, Impr. nat. 1990, Larousse 1992, Robert 1985, 1993.
Hanse 1987, Larousse 1933, Lexis 1989 {grand siècle}.
[Grand siècle].
Exception.Le Siècle d’or (Espagne,
XVIe siècle), siècle d’or (pour toutes les autres attributions).
Girodet 1988, Gouriou 1990.
Hanse 1987, Larousse 1985, Robert 1993.
Attention… L’année 1900 appartient au
XIXe siècle et l’an 2000 au XXe siècle.
Le
XXIe siècle et le IIIe millénaire commencent le 1er janvier 2001.


Siège Guerre


Sigle Abréviation, Acronyme.

« Elle tourne le bouton de la T.S.F. et la voix
d’André Claveau me parvient, lointaine,
brouillée par des grésillements. »
Patrick M
ODIANO, les Boulevards de ceinture.

1. Vocabulaire

Jadis, un sigle était une lettre initiale employée comme signe abréviatif. Cette acception est archaïque (sauf pour les paléographes). Puis on a distingué les sigles simples (une lettre) et les sigles composés (plusieurs initiales). Aujourd’hui, alors que la siglaison est en pleine expansion, aucune définition précise n’est unanimement retenue.
Robert 1985 : « Initiale ou suite d’initiales servant d’abréviation » et Larousse 1997 : « Lettre initiale ou groupe de lettres initiales constituant l’abréviation de mots fréquemment employés. » Donc, p. (« page ») et N. D. É. (« Note de l’éditeur ») seraient des sigles.
Impr. nat. 1990 : « Les sigles sont des groupes de lettres désignant certains organismes dont le nom comporte plusieurs mots. Ils sont formés de la première ou des premières lettres ou encore de la première syllabe de chacun des constituants ou des plus importants. » I.V.G. (interruption volontaire de grossesse) et T.G.V. (train à grande vitesse) ne seraient donc pas des sigles.
Gouriou 1990 : « On donne aujourd’hui le nom de sigles à des groupes de lettres couramment employés pour remplacer la désignation trop longue de certains organismes. » Même observation : T.V.A. (taxe sur la valeur ajoutée) et B.C.B.G. (bon chic, bon genre) ne seraient donc pas des sigles.
Robert 1993 : « Suite des initiales de plusieurs mots qui forment un mot unique prononcé avec les noms des lettres. » Les acronymes (OTAN, Benelux) ne seraient donc pas des sigles. O.-R.-L. (« sigle d’un seul mot » : oto-rhino-laryngologie) pas davantage.
Cherchons dans les grammaires.
Grevisse 1986 : « Les sigles sont des abréviations qui sont constituées d’initiales, mais qui sont traitées comme des mots, soit qu’on donne aux lettres leur nom : une H. L. M. , — soit qu’on leur donne leur valeur habituelle : L’OTAN . » Cette définition a deux mérites : elle distingue les sigles « épelés » des acronymes et elle élimine les « vraies » abréviations (réduction uniquement graphique). En revanche, elle n’élimine pas tous les symboles et exclut les sigles « mixtes » (T.F. 1) et beaucoup d’acronymes (Benelux).

Dans les lignes qui suivent, sigle est employé dans un sens précis : réduction graphique puis orale d’un mot ou d’une suite de mots.
(Certaines exclusions sont arbitraires mais inévitables : obéissant à des règles qui leur sont propres, les symboles et les codes concoctés par les « normalisateurs » sont traités dans des articles distincts : Chimie, Franc, Pays, Unité de mesure, etc.)

Rappel :
Troncation : réduction orale > réduction graphique (vélocipède > vélo).
Abréviation : réduction graphique, pas de réduction orale (Madame > Mme).
Siglaison : réduction graphique > réduction orale (Société protectrice des animaux > S.P.A.).
Logotypes et sigles.



2. Formation et emploi

Avant d’énoncer quelques conseils, résumons la situation :
Code typ. 1993, Larousse 1985 et 1992 : E. D. F., O. T. A. N., Unesco ;
Grevisse 1986 : E. D. F., OTAN, UNESCO (Grevisse 1975 : O. T. A. N.) ;
Hanse 1987 : E. D. F., Otan, Unesco ;
Impr. nat. 1990, Larousse 1999 et le Monde : EDF, OTAN, Unesco ;
Perrousseaux 1995 : EDF, Otan, Unesco ;
Robert 1991 : O. T. A. N., Unesco et U. N. E. S. C. O. ;
Universalis 1990 : O. T. A. N., U. N. E. S. C. O.
Peut-on sérieusement parler ici d’usage, voire d’usages ? Dans la mêlée, deux écoles s’affrontent. Jadis, le point abréviatif s’imposait dans tous les sigles, même dans les acronymes. Cet usage est encore respecté par certains ; il n’est pas fautif ; il n’est pas subtil. Aujourd’hui, la mode est à l’élimination systématique des points, même si le sigle n’est pas un acronyme. Cette manie est absurde et inélégante.
Que faire ?
•• Se souvenir de deux grands principes (§ 2.1 et 2.2) qui peuvent nous préserver de l’incohérence et de la confusion ambiantes.

2.1. Si chacune des lettres qui le composent est une initiale et si le sigle n’est pas un acronyme, c’est simple. Toutes les lettres sont des majuscules et doivent être suivies d’un point abréviatif : R.A.T.P., S.N.C.F.

2.2. Si chacune des lettres qui le composent est une initiale et si le sigle est un acronyme, c’est simple. Toutes les lettres sont des majuscules et doivent être jointes, sans point abréviatif : OTAN, OTASE.
Grevisse 1986.
Rappel. — Les sigles pouvant mais ne devant pas se lire comme des mots « ordinaires » ne sont pas des acronymes : O.L.P. (Organisation de libération de la Palestine), R.A.F. (Royal Air Force), R.A.U. (République arabe unie).
L’A.N.P.E. illustre l’un des inconvénients de la suppression aveugle des points abréviatifs : le np d’[ANPE] ou d’[Anpe] est choquant. Ici, l’homophonie nous sauve : l’A.N.P.E. aura du mal à devenir un acronyme (lampe).
Exemples. — M.P.L.A. (Mouvement populaire de libération de l’Angola) n’est pas un acronyme. O.U.A. (le sigle de l’Organisation de l’unité africaine n’est pas un acronyme, bien qu’il soit « possible » de lire oua aussi aisément que oui). UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) est un acronyme.
Cette distinction, prônée par des grammairiens respectables, n’est pas reçue par d’éminents lexicographes ; elle est, par ailleurs, très durement critiquée par des typographes et des journalistes. Elle ne règle certes pas l’ensemble de la question mais elle a deux qualités inestimables : elle fait coïncider la graphie et la prononciation, ce qui, en français, n’est pas si fréquent ; elle déblaye largement le terrain. Demeurent en effet quelques cas difficiles mais par bonheur marginaux.


2.3. Certains acronymes retiennent plusieurs lettres (ou la syllabe, voire plusieurs syllabes) initiales de certains (ou de tous les) mots qu’ils abrègent… Le Benelux est ici l’exemple classique : Belgique, Nederland, Luxembourg. On n’a jamais écrit le {BeNeLux] ni le [B.E.N.E.L.U.X.]…
Afnor (Code typ. 1993), ou {AFNOR} (Impr. nat. 1990) ? Flottement incompréhensible puisqu’il s’agit de l’Association française de normalisation. Considérant que le point abréviatif n’est pas là pour marquer l’abréviation, certains n’hésitent pas à écrire [A.F.N.O.R.]. Diable ! Qu’abrègent donc les points placés après O et R ? Aidé par le Conseil supérieur de la langue française, un ministre de l’Éducation nationale, après avis favorable de la Délégation générale à la langue française et du Conseil international de la langue française, a signé un arrêté où figure cette phrase : « Des variantes sont mentionnées dans les principaux cas de divergences avec les formes recommandées par d’autres institutions publiant des listes analogues (particulièrement O.N.U., A.F.N.O.R., I.N.S.E.E., I.G.N.). » S’agit-il de listes publiées par l’ONU, l’Afnor, l’INSÉÉ, l’I.G.N. ? Compte tenu des parrainages évoqués, traduisons A.F.N.O.R. par « Association française pour la nouvelle orthographe rectifiée ».

2.4. Pour certains, après la majuscule initiale, les minuscules seraient admissibles dans les acronymes longs, faciles à prononcer, non équivoques, très connus. L’exemple classique, cité par tous les ouvrages de référence sous des formes diverses, est l’{Unesco}. Mais où commencent la longueur et la renommée ? Trois lettres semblent suffisantes à certains : on a déjà vu l’{Onu}. Pour d’autres, l’URSSAF (six lettres) semble en revanche trop courte ou insuffisamment connue. Les partisans de la simplification par la suppression du point abréviatif semblent s’accommoder de l’Unicef et de l’UNITA. Cette distinction n’est pas seulement fautive, elle est ridicule, inapplicable et génératrice d’exceptions arbitraires. Le passage de l’{U.N.E.S.C.O.} à l’UNESCO est à la fois compréhensible (l’acronyme reste un sigle) et « utile » (coïncidence de la graphie et de la prononciation) ; celui qui mène à l’{Unesco} est nuisible : il introduit une ségrégation injustifiable dans un domaine qui est déjà remarquablement bien pourvu en facéties arbitraires.

2.5. Certains acronymes (laser, ovni, radar…) sont devenus de véritables noms communs.

2.6. Mixité.
Il arrive qu’un sigle soit composé d’un sigle ordinaire et d’un acronyme : T.F. 1.

2.7. Fin de phrase, ponctuation.
Le dernier point abréviatif est absorbé par le point final et par les points de suspension : il a adhéré au R.P.R… et son frère au C.D.S.
Il résiste à tous les autres signes de ponctuation : il a adhéré au R.P.R. ; son frère au C.D.S. !
Attention aux appels de note : il a adhéré au R.P.R. 1. Son frère au C.D.S. 2. L’effet de cet appel coincé entre deux points est déplorable, quelle que soit sa forme : R.P.R. **. C.D.S. (a). Si la phrase n’est pas modifiable (citation), il n’existe pas d’autre solution que de se résigner (voir : Appel de note).

2.8. Genre.
En principe, le genre du sigle est déterminé par ce qu’il désigne : une C.R.S. (Compagnie républicaine de sécurité), un C.R.S. (membre d’une Compagnie républicaine de sécurité) ; le C.R.S. Dupneu appartient à la 2e C.R.S ; une H.L.M. (Habitation à loyer modéré).

2.9. Points abréviatifs.
Il est évident que les points ne sont pas indispensables pour comprendre que C.G.T. ou C.N.P.F. sont des sigles ; que leur présence n’est pas requise pour voir dans UNESCO un sigle et un acronyme : personne ne prononce « snepf » ou « seine-pfeu », personne n’épelle « u, n, e, s, c, o ». Les chasseurs de points en tirent argument pour justifier l’uniformisation par le carnage. Il y a là une légère supercherie. Ils feignent d’ignorer les centaines de sigles — et les milliers à venir… — qui, tout en étant lisibles au long, ne sont pas destinés à devenir des acronymes. Lire, c’est entendre. Exemples : C.E., [CE] ; F.O., [FO] ; H.É.C., [HEC] ; O.I.T., [OIT] ; O.M.S., [OMS]. Le jour où la majorité des francophones prononcera « ce, fo, hèque, ouate, omsse », la question pourra être réexaminée. Rien n’est définitivement acquis ; les points n’ont pas empêché l’U.R.S.S. de devenir l’« ursse » ni de s’effondrer.
Les majuscules ne doivent pas faire oublier les capitales. Imaginons le titre d’un article dans lequel un syndicat donnerait son point de vue sur la construction de l’Europe : « F.O. et la C.E. » Selon les adversaires du point, nous aurions : en bas de casse [FO et la CE], peu clair mais compréhensible car les deux sigles sont familiers, et en grandes capitales [FO ET LA CE], beaucoup plus difficile à saisir.
L’Imprimerie nationale cautionne — pis, recommande — cette pratique. Cohérente, elle s’affuble d’un sigle évocateur : IN. Et le Journal officiel se fait appeler JO.
L’argument esthétique — « Ces points sont laids…, typographiquement parlant, RATP a meilleure allure que R.A.T.P. » — est irrecevable. Pourquoi se limiter ainsi aux sigles ? Puisque ces points sont si vilains, pourquoi les conserver dans les abréviations (T. S. V. P., [TSVP]), pourquoi ne pas faire profiter J.-C. des bienfaits de la cure ? … Redoutons que vienne le jour où les néotypographes et les adeptes de la [PAO] (prononcer « P.A.O. ») trouveront les accents inesthétiques sur les bas de casse.
Les points n’ont jamais empêché les dérivations : la C.G.T., qui n’est même pas un acronyme, fournit des cégétistes résolus avec une aisance comparable à celle de l’ONU fourbissant des résolutions onusiennes. Quant à l’UNESCO…

2.10. Accents.
Rares sont ceux qui accentuent les majuscules. Les sigles n’échappent pas au désastre. Larousse 1997 recommande (avec raison) A.-É.F. pour Afrique-Équatoriale française et préconise {E.D.F.} pour Électricité de France… c’est-à-dire « eu-dé-eff ». Que notre pourvoyeur national d’électrons se soucie peu de la langue, on l’admet volontiers ; que nos dictionnaires le suivent, on le comprend moins. Car {E.D.F.} — ou {EDF} — amène bien des écoliers à écrire [electricité]. Si nos factures étaient envoyées par É.D.F., elles auraient au moins un mérite.

2.11. Espaces.
¶ Dans un sigle, pas d’espace après les points abréviatifs (voir : Abréviation).

2.12. Sigles étrangers.
On rencontre parfois certains sigles « étrangers » composés en italique. Cette mise en forme est à proscrire si le sigle est une dénomination propre (C.B.S.) ou si l’acronyme est devenu un nom commun « français d’adoption » (laser).
Exemples. — S.P.Q.R., GATT (General Agreement on Tariffs and Trade).
Seuls les acronymes non adoptés et les abréviations étrangères admises * (voir : Abréviation) doivent être composés en italique : op. cit.
* À l’exception des unités, des abréviations des titres de civilité, des éléments de dénomination propre.
Larousse 1997 : point abréviatif pour tous les sigles français, y compris les acronymes (O. T. A. N.), à l’exception de quelques acronymes syllabiques (AFNOR) ; pas de point abréviatif pour les sigles étrangers, même s’il ne s’agit pas d’acronymes (AEG, AFL-CIO). Larousse 1999 fait dans la rusticité et croit supprimer tous les points (mais il en reste…).
UNESCO.
Robert 1991 : entrée U. N. E. S. C. O. et « Unesco » dans la définition. Pour les extrémistes : cet {Unesco} est le sigle de United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization. Les Anglo-Saxons mettent des majuscules où ils l’entendent et abrègent les mots comme ils l’entendent, en l’occurrence UNESCO, cela importe peu, les majuscules des sigles représentent indifféremment des initiales majuscules ou minuscules (OTAN, Organisation du traité de l’Atlantique Nord) ; il est toutefois curieux de constater que l’un des rares sigles à bénéficier quasi officiellement de minuscules est en même temps l’un des rares à abréger une succession de mots qui ont tous des majuscules initiales.


3. •• Apposition

3.1. L’apposition est une construction directe, très ancienne, que le français moderne admet toujours, sous certaines conditions *. Le sigle en apposition a une valeur de qualificatif : légitimes sont les limousines B.M.W. et les francs C.F.A. « L’État R.P.R. » est irréprochable ; un [dirigeant R.P.R.] l’est beaucoup moins ; un [congrès R.P.R.] est une monstruosité.
* Il y a des berlines Renault, des bœufs mode, des auteurs Gallimard, un style Henri II, des fauteuils Régence, un musée Picasso, la mère Michel, Alexandre Dumas fils, un Institut Pasteur, un boulevard Ney, etc. Il n’y a pas encore [de toiles Picasso, d’articles Dépêche du Midi, de beau-frère Mitterrand, de manutentionnaire Grasset, de journaliste Figaro, d’avenue Grande-Armée, d’Institut monde arabe, de romans Modiano, de guichet Crédit agricole].
Sur l’inépuisable sujet des pseudo-appositions et des juxtapositions monstrueuses, on relira Étiemble 1964 avec profit et délectation.
Cette construction directe devrait demeurer rare. Elle est en pleine expansion. Pour se remémorer les règles françaises de la juxtaposition syntaxique — et les strictes limitations de ce sport —, on consultera les bonnes grammaires.

3.2. Les « mauvais exemples » qui suivent illustrent un curieux et récent dédain des règles relatives à la construction « normale » du complément de nom. Nulle dénomination propre n’est épargnée, mais les sigles sont particulièrement visés.
S’il existe des normes Afnor, il pourrait bien y avoir des [résolutions ONU] ; si l’on admet, dans tous les emplois, {des retraités S.N.C.F., des guichets B.N.P., des agents É.D.F., des unités C.N.R.S.}, il faut s’attendre à la venue [des étudiants UNEF, des vendeurs B.H.V., des casernes C.R.S., des médecins O.M.S., des locataires H.L.M., des troupes OTAN, des réunions OPEP, du siège social B.M.W., des opérations C.I.A. et même des fonctionnaires UNESCO, des tracts C.N.P.F., des retraités K.G.B., etc.]. Nous n’en sommes pas encore là, certes… Quoique…

3.3. On donne aujourd’hui une valeur de qualificatif à des sigles qui n’en ont vraiment pas besoin : une [manifestation C.G.T.]. L’autoriser, c’est favoriser l’oubli de l’adjectif « cégétiste », c’est appauvrir la langue en renonçant aux dérivations lexicales des sigles : une manifestation cégétiste, une manifestation de la C.G.T.
Conclusion : « un retraité de la S.N.C.F. lisant un tract du C.N.P.F. dans un refuge de la S.P.A. » est préférable à [« un ministre C.D.S. évoquant des listes Afnor dans un congrès U.D.F. »].


4. Siglorrhée

Il faut bien avouer que, dans la siglaison, le créateur de mots est considérablement gêné par les lettres.
La S.D.N. (Société des Nations) a été remplacée par l’ONU (Organisation des Nations unies). Le D, inopportun dans l’acronyme, devait disparaître. Les anglophones ont ramené leur nombre à deux : UN (United Nations). Rattrapons-les et adoptons NU, après tout, le machin n’est qu’un simple appareil.
Pour certains groupes humains, le sigle est une aubaine : il donne un contour net aux dénominations insignifiantes. Il masque des éléments qui, dans leur forme développée, pourraient surprendre, amuser, choquer, scandaliser. Une base de données « européenne », finement nommée EURODICAUTOM, recense 150 000 abréviations et acronymes ; elle s’enrichit de plusieurs milliers d’entrées par an, pour l’essentiel anglo-américaines.
Pour les néocommunicateurs franglophones, « FTP » ne signifie pas Francs-Tireurs et Partisans mais File Transfer Protocol. Ces « FTP qui communiquent des fichiers » ne peuvent amuser que les nostalgiques de la Gestapo (acronyme de Geheime Staats Polizei). Pour les constructeurs de l’Europe, « FTP » signifie « Financement de la technologie selon sa performance » ; c’est un machin ressortissant au programme SPRINT (Strategic Programme for Economic Sciences). La graphie et la signification françaises de « F.-T.P. » sont à redécouvrir d’urgence.
Les normalisateurs ne sont pas à l’abri de la confusion généralisée : de nos jours, « ISBN » signifie International Standard Book Number ET Integrated Satellite Business Network


Quelques sigles…

A.-É.F.   Afrique-Équatoriale française
A.E.L.-É. Association européenne de libre-échange
Afnor Association française de normalisation
A.F.-P. Agence France-Presse
A.N.P.E. Agence nationale pour l’emploi
A.-O.F. Afrique-Occidentale française
ASEAN Association of Southeast Asian Nations

Assedic

Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce

Benelux Belgique, Nederland, Luxembourg
BIRD, B.I.R.D. Banque internationale pour la reconstruction et le développement
B.I.T. Bureau international du travail
B.N. Bibliothèque nationale
C.É.A. Commissariat à l’énergie atomique
C.E.C.A. Communauté européenne du charbon et de l’acier
C.É.E. Communauté économique européenne
CEDEX Courrier d’entreprise à distribution exceptionnelle
C.S.C. Confédération des syndicats chrétiens
C.E.S.L. Confédération européenne des syndicats libres
C.H.U. Centre hospitalier universitaire
C.I.S.C. Confédération internationale des syndicats chrétiens
C.I.S.L. Confédération internationale des syndicats libres
C.N.R.S. Centre national de la recherche scientifique
CNÉS Centre national d’études spatiales
C.R.S. Compagnie républicaine de sécurité
ÉNA École nationale d’administration
ÉNSAD École nationale supérieure des arts décoratifs
FAO, F.A.O. Food and Agriculture Organization of United Nations
F.F.I. Forces françaises de l’intérieur
GATT General Agreement on Tariffs and Trade
GMT, G.M.T. Greenwich Mean Time
H.É.C. Hautes Études commerciales
H.L.M. Habitation à loyer modéré
I.G.N. Institut géographique national
INRA Institut national de la recherche agronomique
INSÉÉ Institut national de la statistique et des études économiques
INSERM Institut national de la santé et de la recherche médicale
ISBN, I.S.B.N. International Standard Book Numbering
ISSN, I.S.S.N. International Standard Serial Number
M.P.L.A. Mouvement populaire de libération de l’Angola
O.A.S. Organisation armée secrète
OAS, O.A.S. Organization of American States (français : O.É.A.)
O.C.D.É. Organisation de coopération et de développement économiques
O.É.A. Organisation des États américains
O.I.T. Organisation internationale du travail
O.L.P. Organisation de libération de la Palestine
O.M.P.I. Organisation mondiale de la propriété intellectuelle
O.M.S. Organisation mondiale de la santé
ONU, O.N.U. Organisation des Nations unies
OPEP Organisation des pays exportateurs de pétrole
OTAN Organisation du traité de l’Atlantique Nord
OTASE Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est
O.U.A. Organisation de l’unité africaine
R.A.T.P. Régie autonome des transports parisiens
S.N.C.F. Société nationale des chemins de fer français
S.P.A. Société protectrice des animaux
U.E.O. Union de l’Europe occidentale
U.E.R. Union européenne de radiodiffusion
UNESCO United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
UNITA Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola



I. Ponctuation, accents et petites capitales

À Typographie, le 26 juin 1997.
C. P
ELLETIER : En revanche, les sigles ne prennent pas d’accent.
Pourquoi ? Les recommandations de l’Office de la langue française sont cohérentes, sauf sur ce dernier point. Il est vrai que d’autres, à commencer par l’Imprimerie nationale, disent la même chose. Le Code typographique patauge et passe de l’É.D.F au C.E.A…
Lorsque l’on écrit que « les capitales doivent être accentuées » et que l’on instaure ensuite une exception, il est nécessaire de donner une explication. Est-elle d’ordre typographique, esthétique, linguistique, anecdotique ? Elle n’est sûrement pas pédagogique, car l’E.D.F. (eudéhef) a beaucoup fait pour qu’electricité, eléctricité (et electronique, bien épaulé par l’anglais e-mail…) gagnent du terrain dans les copies et les manuscrits…
Ce n’est pas à ceux qui accentuent les sigles de s’expliquer « théoriquement » : contre l’usage dominant (en cela ils ont tort), ils ne font qu’obéir bêtement à la règle générale…
Si vous me demandez mon sentiment personnel sur la question, je n’en vois qu’un de franchement discernable : la perplexité…
En fait, je n’ai qu’un espoir : la multiplication des logotypes (navré, mais le pluriel logos me trouble encore…) utilisant les « qualités » graphiques des accents… Par mimétisme, les sigles correspondants (puis, peut-être, les autres) les retrouveront…

À Typographie, le 2 juillet 1997.
T. QUINOT : Je me pose cette question en particulier en ce qui concerne mon école : suivriez-vous plutôt l’Imprimerie nationale en écrivant l’ENST (en petites capitales) ou notre déléguée à la communication vénérée, qui impose l’Enst ?
L’Imprimerie nationale ne préconise pas d’employer les petites capitales dans la composition des sigles… et elle a bien raison, car les petites capitales ne sont pas des majuscules… Si par exemple vous composez un nom d’auteur en petites capitales, vous mettrez une grande capitale à l’initiale… Si ensuite arrive un sigle intégralement composé en petites capitales, il aura bonne mine… Je sais… ça se fait…
Quant à votre déléguée à la communication (orale ?), comment prononce-t-elle le sigle (ou l’acronyme ?) de votre établissement : l’euhennesté, l’anste, l’enne-sté ?
À mon sens, ça ressemble à un sigle (épelé), et l’on devrait écrire l’É.N.S.T. Si en dépit des apparences c’est un acronyme, va pour ENST…
Mais sûrement pas Enst, car ce n’est pas un acronyme syllabique ou pseudosyllabique (comme Benelux ou Afnor) […]. Encore moins enst, c’est évident, le bas de casse intégral étant réservé aux acronymes lexicalisés…
G. PEREZ : Pourquoi ne pourrait-on pas mettre les sigles en petites capitales (au lieu de plusieurs capitales qui sont vraiment trop voyantes pour une expression que l’on veut justement abréger) ?
P. CAZAUX : C’est un usage qui tend à se répandre, d’écrire comme des noms propres, à savoir avec cap et b. de c., les sigles qui peuvent se prononcer, et pas seulement les acronymes, qui, je crois, ont été conçus pour cela. Et après tout, pourquoi pas, surtout dans un texte où il y en a plusieurs, ce qui évitera des accrocs dans le gris typographique.
Comme vos réactions sont assez proches, je me permets de vous adresser une réponse commune.
On « peut » composer les sigles en petites capitales ou en bas de casse… et beaucoup le font. Si je n’aime guère (je veux dire « pas du tout ») cette façon de faire, c’est pour des raisons à la fois linguistiques et typographiques…
En français, sigle et acronyme sont deux termes qui ont acquis des acceptions précises. Leur mode de formation est parfois identique (pas toujours), leur lecture est radicalement différente. Le point capital, pour le lecteur, ce n’est pas le gris typographique, c’est l’adéquation entre l’oral et l’écrit. Elle n’est pas si fréquente en français… Ne ruinons pas un des rares cas où elle pourrait être effective…
Un sigle qui « peut » mais « ne doit pas » se lire comme un mot ordinaire n’est pas un acronyme… Exemple : l’O.U.A. Rien n’empêche de lire « oua », avec une aisance comparable à celle qui nous fait dire « oui »… Surtout si l’on compose OUA ou, pis, Oua… Voilà pourquoi il est judicieux de composer les vrais sigles (épelés) en grandes capitales suivies d’un point abréviatif (C.G.T.), sans espace, les acronymes formés d’initiales en grandes capitales collées (OTAN), les acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques en bas de casse avec l’initiale en grande capitale (Afnor) et les acronymes lexicalisés en bas de casse (radar).
Ça complique la vie du scripteur mais ça facilite celle du lecteur… Or les « règles » typographiques sont faites pour cela… non pour autre chose.
J’aime aussi les beaux gris typographiques. Si je tombe sur un texte qui grouille de formules chimiques ou mathématiques, je ne vais tout de même pas me désoler et supprimer les indices, les exposants, remplacer les capitales par de petites capitales… Vous voulez mon sentiment personnel ? Si les capitales des sigles ruinent le gris, c’est sans doute qu’il y a trop de sigles dans le texte… et c’est bien fait si le gris est moche… C’est cohérent…
Quant aux petites capitales, ce ne sont pas des majuscules mais des « minuscules » (syntaxiques) habillées en capitales… C’est ce qui fait leur intérêt typographique. Je veux bien (façon de parler…) que l’on compose les sigles en petites capitales, si l’on accorde une grande capitale à la première initiale… Cette effarante « première initiale » résume bien l’absurdité du procédé…

À Typographie, le 7 janvier 1998.
J. ANDRÉ : Même réponse qu’à notre oulipien il y a quelques jours : il y a des règles générales et des cas particuliers, ou plutôt dans ce cas des règles d’école, des cas limites.
Mais justement… je n’utilise pas les cas particuliers pour prouver que j’ai raison (les généralités suffiraient)… je les emploie pour démontrer que les autres ont tort, méthode qui n’est pas totalement illégitime. Par exemple, vous pourriez très bien tenter de me proposer des cas particuliers visant à rendre apparente l’absurdité des points abréviatifs dans les vrais sigles…
Le problème posé était : s’agissant de la graphie des sigles, y a-t-il une règle ? Quelle est-elle ? et où la trouver ?…
S’appuyer uniquement sur les codes typographiques en oubliant un des grands dictionnaires de la langue me semble pour le coup privilégier des points de vue particuliers…
En outre, c’est vous (j’entends : les tenants de la suppression du point abréviatif) qui accordez arbitrairement un statut inédit et particulier aux vrais sigles. C’est à vous de démontrer que l’opération se justifie… C’est loin d’être fait… Il ne suffit pas de dire que l’usage (de qui ?…) est avec vous… car il est foutrement incohérent, et l’on pourrait multiplier les références établissant que les sources les plus sérieuses sont plutôt favorables au maintien du point… Dans un titre en toutes caps, qu’est-ce que vous préférez ? Qu’est-ce qui est le plus lisible (car le plus en concordance avec l’oral) ?

GREVE DE FO AU JO
GRÈVE DE F.O. AU J.O.

J. ANDRÉ : Ce que je voulais dire : dans cette liste il y a des gens très pointus qui disent des choses très pointues mais qui oublient de parler d’abord du cas général avant de parler des cas limites. S.V.P. (s. v. p. ?), faites un rappel de ce qui devrait être connu avant d’approfondir les cas spéciaux !
Sur cette liste, j’ai déjà expliqué mon point de vue sur la question sans recourir à l’excès aux cas particuliers… « Les radars de l’OTAN sont contrôlés par la C.I.A. et l’Afnor. » Ici tout est clair : formation et prononciation… Sous quel prétexte faudrait-il que nous renoncions à cette clarté ?

À Typographie, le 11 octobre 1999.
G. STRIL : J’ai sous les yeux le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. Selon lui : « On notera que certains sigles très répandus et de prononciation aisée (acronymes) peuvent se composer en bas de casse avec capitale initiale. »
Cette phrase m’a toujours laissé perplexe (façon polie d’exprimer mon sentiment)… Qu’est-ce qu’un sigle très répandu ? Qui en décide ? Très répandu où ? Dans un milieu donné ? Partout ? Qu’est-ce qu’une prononciation aisée ? Qui en décide ? Que signifie cette parenthèse effarante ? Qu’un acronyme est un sigle courant et de prononciation aisée ? Eh ben, mon colon… c’est du propre…
Que signifie ce « peuvent » ? J’entends : que signifie-t-il dans des « règles en usage à… » ? En quoi une telle formulation aide-t-elle le lecteur (du Lexique) à y voir clair et à prendre un parti digne de ce nom ?
G. STRIL : Mais plus loin, il précise que « ce serait une erreur que de vouloir supprimer systématiquement les points chaque fois qu’on rencontre une abréviation sous la forme de lettres capitales. »
Rien à voir. Le Lexique, et c’est une de ses nombreuses qualités, ne confond pas « sigle » et « abréviation ». Heureusement. L’article « Abréviations » est très bon, les graphies sont irréprochables. En revanche, l’article « Sigles » est lamentable… La définition même de « sigle » est bête à pleurer. Sur une telle base, difficile de développer une « doctrine »… Résultat : un article très bref… mais intégralement débile.
G. STRIL : Il n’empêche que, dans un texte courant, tous ces sigles en caps prennent une importance énorme à la lecture.
Bien fait ! Tant mieux ! Ils veulent des sigles, ils les aiment, en raffolent ? Eh bien en voilà, des grands, des beaux, des frais, des bien visibles ! Faut pas avoir honte de ce que l’on aime ! Moi, j’aime pas les sigles, j’aime pas ceux qui les aiment… alors, grandes caps et points abréviatifs ! Roulez…
G. STRIL : Et je suis d’avis de les « acronymer » chaque fois que possible.
Opération difficile…

À F.L.L.F., le 1er mai 2000.
B. LOMBART : Vous prenez donc vos distances vis-à-vis des Règles de l’Imprimerie nationale.
Sur ce point, oui, et je ne suis pas le seul (mais nous sommes de plus en plus minoritaires, le mal gagne… […]).
Le Lexique de l’I.N. (de l’« IN » ?…) est excellent (aujourd’hui, le meilleur du genre), mais l’article consacré aux sigles est lamentable… à commencer par la « définition » du terme ! Difficile de « légiférer » intelligemment quand on ne sait pas de quoi l’on parle.
B. LOMBART : « En ce qui concerne leur écriture [des sigles et des acronymes], la seule unification possible et qui est applicable à tous les cas est l’emploi de lettres capitales sans point… » (p. 159).
Eh oui… il ne s’agit pas d’une réflexion sur les diverses pratiques mais d’une tentative d’unification à la louche… qui d’ailleurs s’effondre dès la page suivante (Benelux…). Pas sérieux…
B. LOMBART : De plus, cela lève toute ambiguïté dans le classement alphabétique ou informatique (on trouverait R.A.T.P. mais CEDEX…).
Non, non, aucun problème de classement. En revanche, belles ambiguïtés pour le lecteur, les seules qui comptent.
Un petit résumé :
Les sigles (purs ou acronymiques) sont composés en grandes capitales (ce qui indique qu’ils sont formés d’initiales). Les points abréviatifs indiquent que les sigles purs sont épelés (F.O., O.U.A.). Leur absence dans les acronymes indique (et entraîne) la lecture au long (OTAN, FAQ). Les acronymes syllabiques ou pseudosyllabiques, n’étant pas composés (exclusivement) d’initiales, ne prennent la capitale qu’à leur première lettre (Afnor, Benelux). Les acronymes lexicalisés ne prennent évidemment aucune capitale et suivent le plus souvent les règles d’accord de leur catégorie grammaticale (des ovnis)…
Cela semble contraignant en regard de la belle simplicité de l’I.N. ? Pas du tout ! Ici, comme toujours, c’est la loi qui garantit votre liberté ! Vous prononcez « ô haine, hue » et tenez à le faire savoir ? Écrivez O.N.U. Vous préférez prononcer « eau nue » ? Écrivez ONU… N’abandonnez pas votre liberté à des professionnels (typographes… ou pédagogues) qui ne cherchent qu’à simplifier leur boulot… Pour celui qui écrit, la grande règle (la seule, au fond…), c’est le respect du lecteur…

À Langue-Fr., le 15 mars 2001.
J. FONTAINE : Je me demande si une dispense de ponctuer un sigle pur pourrait être envisageable ?
Comme vous le savez, pour l’avoir lu ailleurs, mon ambition n’est pas d’édicter des « règles » (il en traîne un peu partout, souvent contradictoires), mais d’expliquer la pertinence, le bien-fondé (parfois l’obsolescence, parfois l’ineptie…) des conventions orthotypographiques. Libre * à chacun d’adopter une marche adaptée à ses besoins : l’essentiel est qu’elle soit rationnellement motivée… et non le fruit de l’ignorance ou du laisser-aller.
* Disons… libre à ceux qui ne paient pas des emmerdeurs pour entraver leur fantaisie…
J. FONTAINE : Dans le cas suivant : quand il n’y a aucun risque que le lecteur puisse le prononcer « acronymiquement ». Y a-t-il vraiment danger que des sigles comme CSN, FTQ, STCUM soient prononcés comme des mots par le lecteur parce que les points manquent ?
D’accord (sauf peut-être pour STCUM), il n’y a aucun « danger », et le risque d’une prononciation « incorrecte » est infiniment moins grand que dans « couenne »… mais y a-t-il un risque de prendre « Sturm und Drang » pour une expression française ? Pourquoi dès lors la composer en italique lorsqu’elle figure dans un texte français ? Y a-t-il un risque de prendre « jean-paul sartre » pour une succession de noms communs ? Pourquoi dès lors l’alourdir avec des majuscules ? Pour respecter une convention motivée. Mettre en avant l’absence ponctuelle de danger est un peu dangereux…
J. FONTAINE : Ce genre de sigles purs à la prononciation non ambiguë, souvent assez longs, abondent dans les textes spécialisés ; les ponctuer systématiquement alourdit sensiblement le texte.
Hum… À mon sens, il est illusoire de vouloir faire accéder un texte farci de sigles à une quelconque légèreté… et en particulier au simple masque de la légèreté typographique. Pour alléger le brouet, certains vont jusqu’à composer les sigles en petites capitales… ce qui prouve qu’ils n’ont pas compris que les petites caps ne peuvent pas représenter des majuscules, mais on est prêt à tout pour rendre apparemment digeste ce qui ne l’est pas.
J. FONTAINE : Une telle dispense pourrait sembler une complication inutile dans l’édifice, mais elle n’est pas qu’un alibi pour rédacteur paresseux car elle l’oblige quand même à exercer son jugement, à éviter les incohérences trop criantes à l’intérieur d’un même texte et à avoir d’abord en tête le confort du lecteur. La non-ambiguïté et la non-lourdeur sont les deux mamelles du confort du lecteur (cette phrase en est un exemple a contrario). À quel sein se vouer d’abord ?
Les ambiguïtés involontaires (quelle que soit leur nature) peuvent toujours être éliminées. La lourdeur, non (sauf à tout récrire…). Supprimer les points abréviatifs n’allège que très médiocrement les tombereaux de sigles mais ruine dans certains cas la distinction — pourtant essentielle à l’oral — entre sigle et acronyme.
S’il y a deux seins, deux désirs, je les vois plutôt ainsi : on multiplie amoureusement les sigles… mais on aimerait bien que cela se remarque le moins possible, que cela reste discret, élégant, léger. C’est à mon sens une erreur que de participer à ce jeu-là… Ils veulent des sigles, des acronymes ? Pour faire comme tout le monde et son maître ? Très bien… mais faut pas qu’ils tentent de nous faire gober que leur manie est sans conséquence, d’autant que la conséquence graphique, habilement surévaluée, n’est qu’un symptôme dérisoire.



II. La siglite aiguë

À F.L.L.F., le 26 décembre 1999.
C. WEIL : AAA signifie, non pas American Automobile Association, mais Acute Anxiety Attack (crise aiguë d’angoisse).
… et, dans d’autres domaines : Amateur Athletic Association, anti-aircraft artillery, Australian Association of Accountants, etc.
C. WEIL : ABS : non Anti Blocking System, mais Acute Brain Syndrome.
… et : acrylonitrile-butadienne-styrene, Australian Bureau of Statistics, etc.
C. WEIL : AC : non Alternating Current, mais Adrenal Cortex.
… et : Air Corps, appeal case, assistant commissioner, Companion of the order of Australia, etc.
C. WEIL : ACE : non balle de service qui fait le point au tennis, mais Angiotensin Converting Enzyme (enzyme intervenant dans la régulation de la pression artérielle).
… et : advanced cooled engine, Advisory Centre for Education, Association of Conference Executives, Association of Consulting Engineers, etc.
C. WEIL : AD : non Anno Domini, mais, par exemple, Alcohol Dehydrogenase.
… et : accidental damage, active duty, air defence, art director, assembly district, assistant director, average deviation, etc.
C. WEIL : AEG : non firme allemande de matériel électrique, mais Air Encephalogram (encéphalographie gazeuse).
… et : ad eundem gradum…
Etc. Comme le signalaient il y a quelques mois certains intervenants, la siglaison fait surtout des ravages en France… Il serait toutefois très injuste d’oublier l’apport considérable de l’Europe à la recherche. Pour rester dans le domaine que vous évoquiez, l’A.D.N. est évidemment un accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voie de navigation intérieure. (Il est vrai que la scientifique internationale communauté et la District Nursing Association lisent les Dernières Nouvelles d’Alsace.)

À F.L.L.F., le 10 juillet 2001.
M. GOLDSTEIN : Le cadre de la normalisation officielle de l’ISO (International Standard Organisation).
Il est dangereux de présenter les choses ainsi (même si l’erreur est fréquente et commise par le Larousse et, plus encore, par le Robert…), car ISO n’est pas un acronyme formé à partir des initiales d’une inexistante « International Standard Organisation »… c’est du grec ! Toutes choses égales, par ailleurs…
ISO… ou Organisation internationale de normalisation (OIN… oin, normal, c’est à Genève), ou International Organization for Standardization (IOS… là, c’est encore grec, mais y a erreur).


Signature

Indication chiffrée, imprimée au bas de la première page d’une feuille, afin de faciliter l’assemblage.


Soleil Astre


Soulignement Italique, Préparation de copie.

••• Manuscrit, copie et correction sur papier : on souligne d’un trait continu ce qui doit être composé en italique.


Insistance graphique

•• Inutile et hideux, le soulignement des mots est à proscrire dans la composition. L’italique ou le gras sont là pour mettre certains termes en valeur.
Ramat 1994, Williams 1992.
Richaudeau 1989.
Si l’italique et le gras ne suffisent pas, restent : •• les capitales, GRANDES ou
PETITES ; les variations de corps, de police
Remarque. — S’ils ont des rôles spécifiques aisément perceptibles par le lecteur, plusieurs types de mise en valeur peuvent cohabiter au sein d’un ouvrage, mais l’on se gardera de les accumuler sur un même [«
ÉLÉMENT »] du texte…
• Lorsque l’italique et le gras sont utilisés à d’autres fins, le soulignement d’une ou de quelques lettre(s) soulignée(s) au sein d’un mot (sans jambage inférieur…) est admis, car utile et pédagogique.

Attention ! Soulignement et filet sont deux choses bien distinctes : les filets sont utiles et beaux…



Souverain Titre honorifique


Square Jardin


Style artistique

Substantif > majuscule : Art nouveau, Directoire, Empire, Modern Style.
Adjectif > minuscule : baroque, gothique, roman, rococo.
Impr. nat. 1990 (époque : majuscule ; genre : minuscule).


Sud Point cardinal


Suisse

Abréviation
des noms de cantons
Argovie   AG
Appenzell Rhodes-Extérieures AR
Appenzell Rhodes-Intérieures AI
Bâle-Campagne BL
Bâle-Ville BS
Berne BE
Fribourg FR
Genève GE
Glaris GL
Grisons GR
Jura JU
Lucerne LU
Neuchâtel NE
Nidwald NW
Obwald OW
Saint-Gall SG
Schaffhouse SH
Schwytz SZ
Soleure SO
Tessin TI
Thurgovie TG
Uri UR
Valais VS
Vaud VD
Zoug ZG
Zurich ZH


Symbole Abréviation.

Aussi variés et contradictoires que les acceptions données au mot symbole par les sémiologues, les grammairiens, les typographes, les métrologues, les chimistes ou les astrologues.


Sources d’erreurs possibles lors de la saisie :